Actu Fey N°12

De la gestion de la ressource en eau

Au cours des dernières décennies, l'évaluation de la ressource en eau a fait l'objet de nombreuses conférences internationales (aux Nations Unies en 1977, à Bonn en 2001, etc.). Des chercheurs de renom se disent inquiets car cette ressource est tarissable.


On retrouve l'eau à deux niveaux : en surface, elle ruisselle et se renouvelle grâce à un cycle complexe, plus connu sous le nom de « cycle de l'eau » ; sous terre, elle est stockée dans de vastes réservoirs dont les volumes sont difficiles à évaluer (bien que les progrès technologiques nous livrent régulièrement des informations). Les régions qui ne disposent pas d'écoulements superficiels puisent dans ces réservoirs.

Cette solution s'avère dangereuse, car des ponctions excessives pourraient conduire à l'épuisement de la ressource. Au-delà de l'aspect quantitatif, la qualité de l'eau s'avère aussi importante, d'où la nécessité d'installer et de développer des réseaux d'assainissement.

Pour réguler le binôme quantité-qualité, les préconisations onusiennes ont été adoptées par de nombreux États. Ainsi, depuis septembre 2000, l'Europe applique une directive cadre dont l'objectif est d'atteindre avant 2015 le « bon état écologique des différents types de ressources aquatiques ». La France semble être pionnière en la matière, car en adoptant sa première loi sur l'eau en 1964, puis la seconde en 1992, elle a fait de l'eau un patrimoine commun de la nation, et sa protection, sa mise en valeur et le développement de sa ressource sont d’intérêt général. Cette volonté de Gestion Intégrée de la Ressource en Eau (GIRE) a donné lieu à la mise en place de deux réglementations :

` le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) dont la rédaction est confiée au comité de bassin, constitué de membres issus des services de l'État, des collectivités territoriales et des usagers ;
` le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) qui correspond à une application des orientations du SDAGE.

En Martinique, la mise en place de schémas n'a été initiée qu'après la seconde loi sur l'eau (1992), soit avec de nombreuses années de retard. Il est important de préciser que la Martinique ne manque pas d'eau. En effet, sur les 500 millions de m3 d'eaux qui ruissellent chaque année, seuls 63 millions de m3 sont consommés (consommation des ménages, industrielle et agricole). Toutefois, la situation n'est pas idyllique et les problèmes sont nombreux. En premier lieu, toute l'eau est produite dans le nord, d'où un problème d'acheminement vers le sud (problème accentué par l'orographie tourmentée) ; à cela s'ajoute le fait que cette ressource se concentre dans un secteur où les sols sont pollués par une agriculture consommatrice d'intrants chimiques.

Deuxièmement, 80 % des précipitations sont recueillies sur 5 mois environ, d'où des pénuries durant les mois de carême. Enfin, l'eau est produite dans des secteurs où les aléas volcaniques et sismiques peuvent tout remettre en cause.

Pour lutter contre ces déséquilibres saisonniers et spatiaux, on pourrait initier des solutions palliatives, comme l'utilisation maîtrisée des réserves souterraines.

Audrey JEAN-JACQUES et Pascal SAFFACHE


Sommaire

Actu Fey
. Zone d’ombre sur l’énergie solaire en Martinique
Nouvelles mesures : niche fiscale
. La gestion de la ressource en eau
. Du Chlordécone dans le steak
Science
. La Martinique, terre de biodiversité
Fey Entretien
. Une femme au courant, Madame Eliane Germont
Fey en coin
. Les cétacés protégés dans les mers des Antilles françaises
Tribune libre ! partageons nos expériences
Nature
. La tourterelle à queue carrée
Santé
. Planchlordécone
Protéger, étudier, prévenir...

 


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