Les installations photovoltaïques ne font plus l'unanimité. Auparavant présentées comme un axe prioritaire pour réduire la consommation de pétrole et le réchauffement climatique, les centrales photovoltaïques sont aujourd'hui de plus en plus montrées du doigt.
Des manifestations se sont produites ces dernières semaines pour dénoncer les projets d'installations industrielles solaires sur des terres agricoles. Des agriculteurs et des écologistes y ont pris part au nom de la défense de la production alimentaire locale. Ils redoutent que de nombreux propriétaires de terres cultivables soient tentés par la location lucrative de leurs hectares à des entreprises attirées par la perspective de l'exploitation sans risque du soleil de la Caraïbe.
Depuis quelques mois, dans un contexte de rareté foncière, les panneaux photovoltaïques menacent d'entrer en concurrence avec la banane et les cultures vivrières. Plusieurs groupes nationaux ont développé des projets de centrales solaires en Martinique. Jean-Michel Bordage, le directeur de l'Ademe Martinique (Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie) parle même d'une « explosion du solaire ». Entre 2005 et 2008 (derniers chiffres disponibles de l'Observatoire de l'énergie) la puissance électrique solaire raccordée au réseau est passée de 3 MWc à 21 MWc. Une progression exponentielle qui devrait encore s'accélérer avec la mise en service des centrales photovoltaïques au sol. Deux sont déjà en chantier à Sainte-Marie et à Ducos, et au moins cinq autres ont déjà obtenu les autorisations de la Préfecture (à Basse-Pointe, Grand-Rivière et Macouba notamment). Certaines sont situées sur des terres agricoles non contaminées par le chlordécone.
Pourtant, d'autres espaces existent, plus consensuels pour installer des panneaux photovoltaïques : les toits des particuliers ou des entreprises. La Région Martinique estime que 2 000 hectares sont disponibles. Seul problème : l'investissement est plus lourd que pour des centrales au sol. « Auparavant, il était admis que des particuliers entraient dans leurs fonds après dix ans de production d'électricité solaire sur leur toit, avec un équipement qui a 15 ou 20 ans de durée de vie. Avec les nouvelles mesures gouvernementales (voir encadré ci-contre), tout le monde est en train de recalculer. On ignore encore si cela va rester rentable » conclut Jean-Michel Bordage.
Ce problème de coût se double d'un sérieux problème technique. L'énergie solaire est « intermittente » (comme l'éolien, le solaire ne produit pas en permanence) et les installations d'EDF ne peuvent absorber plus de 30% d'énergie totale intermittente sous peine de ne pouvoir répondre à la demande des abonnés. Or, si pour l'instant, la part du solaire représente moins de 3% de la puissance électrique produite en Martinique, la somme des projets déposés ces dernières années, dépasse le seuil de 30%. Impossible de dire si tous ces projets seront effectivement réalisés, mais dans l'attente, les nouvelles autorisations préfectorales risquent d'être accordées au compte-goutte.
Sommaire
Actu Fey
. Zone d’ombre sur l’énergie solaire en Martinique
Nouvelles mesures : niche fiscale
. La gestion de la ressource en eau
. Du Chlordécone dans le steak
Science
. La Martinique, terre de biodiversité
Fey Entretien
. Une femme au courant, Madame Eliane Germont
Fey en coin
. Les cétacés protégés dans les mers des Antilles françaises
Tribune libre ! partageons nos expériences
Nature
. La tourterelle à queue carrée
Santé
. Planchlordécone
Protéger, étudier, prévenir...
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.
Date de dernière mise à jour : 14/03/2012
Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)
Creaktion Graph.IK