Bresil

Meurtre d'Ecolos en Amazonie

Près d'un mois après l'assassinat en Amazonie, d'un couple de paysans-écologistes luttant contre le déboisement illégal, personne n'a encore été inquiété pour ces morts annoncées imputées aux grands propriétaires terriens par des proches du couple.

José Claudio Ribeiro da Silva, 52 ans, et sa femme Maria do Espirito Santo da Silva, 51 ans, qui dénonçaient les bûcherons clandestins, ont été tués par balles fin mai dans une embuscade, près de chez eux, à Nova Ipixuna, une petite ville de 15.000 habitants de l'Etat amazonien du Para. Depuis, trois autres paysans ont été assassinés dans cet Etat, où les conflits agraires sont souvent meurtriers, et un quatrième dans l'Etat amazonien du Rondonia.

"Je me rappelle que, dans les menaces qu'il (José Claudio) recevait, on lui disait des choses comme : tes jours sont comptés, tu vas mourir ou encore prépare-toi à la fermer pour toujours," déclare à l'AFP Junior, un jeune agronome de 30 ans qui a travaillé pendant deux ans avec l'écologiste dans une communauté de cueilleurs de produits de la forêt.

L'agronome pointe du doigt les puissants propriétaires terriens et les exploitants forestiers de la région comme étant les commanditaires du double meurtre. Ils sont allés plusieurs fois chez lui pour le tuer. Et lui, il sortait pour leur tenir tête. Ils ne le tuaient pas car ils voulaient tuer sa femme aussi. A la fin, ils ont réussi, a-t-il ajouté ému.

Le couple assassiné faisait partie du Conseil national de récolteurs (CNS) fondé par de l'écologiste et défenseur de l'Amazonie, Chico Mendes, assassiné lui aussi par des tueurs en 1988, dans l'Etat amazonien de l'Acre.Le parquet du Para a souligné qu'un détail conférait au crime l'aspect d'un crime commandité typique : les tueurs ont coupé l'une des oreilles de José Claudio comme preuve de leur services.

Dans la région amazonienne, le métier de tueur à gages existe, a affirmé à l'AFP José Battista, avocat de la Commission pastorale de la terre (CPT) de Maraba, la ville la plus importante située à 35 km de Nova Ipixuna. En 2010, cette organisation liée à l'Eglise catholique a diffusé une liste de 125 personnes désignées pour mourir, dont 30 dans le seul Etat du Para. Parmi elles, se trouvaient José Claudio et Maria. Depuis le début de cette année, nous avons déjà vingt noms nouveaux, a ajouté Battista.

Au lendemain de l'assassinat des écologistes, la présidente Dilma Rousseff a ordonnée une enquête rigoureuse pour arrêter les coupables et a dépêché une force militaire spéciale dans la région où la violence est encouragée par l'inertie du gouvernement et l'impunité des tueurs. Mais à ce jour, la police n'a fait aucun progrès.

L'absence du gouvernement (dans la région) a entraîné la déforestation illégale. José Claudio a commencé une lutte, une guerre contre les bûcherons et les puissants fermiers. C'est pourquoi je peux affirmer que sa mort a été ordonnée par eux, a déclaré un conseiller municipal de Nova Ipixuna, Valdimir Ferreira.

AFP
http://www.planete-attitude.fr/profiles/blogs/amazonie-stop-assassi...

 


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