Catastrophe - Japon

Japon - Explosions & secousses sismiques !

Le Japon était engagé lundi dans une course contre la montre pour éviter un accident nucléaire majeur après de nouvelles explosions dans une centrale et pour porter secours aux centaines de milliers de sinistrés du plus puissant séisme de son histoire. Les autorités tentaient en outre de limiter l'impact économique de la catastrophe, qui a drastiquement réduit l'approvisionnement électrique dans la région de Tokyo, peuplée de 35 millions d'habitants, où des entreprises ont suspendu partiellement leur production.

Deux explosions se sont produites lundi en fin de matinée au niveau du bâtiment abritant le réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima 1, accidenté à la suite du séisme. Le toit du bâtiment a été soufflé mais l'enceinte de confinement qui abrite le réacteur a résisté, a assuré peu après l'opérateur, Tokyo Electric Power (Tepco). La possibilité de fuites radioactives est "faible", a ajouté le gouvernement. Neuf personnes présentes sur les lieux ont été blessées.

Une explosion similaire d'hydrogène avait eu lieu samedi sur le réacteur 1 de la même centrale, située à environ 250 km au nord-est de Tokyo. Cet accident a été évalué au niveau 4 sur une échelle de 0 à 7 des événements nucléaires et radiologiques (Ines), contre 5 pour celui de Three Mile Island aux Etats-Unis en 1979 et 7 pour celui de Tchernobyl, en Ukraine en 1986.

Dans la région dévastée par le séisme de magnitude 8,9 suivi du tsunami, les sauveteurs redoublaient d'efforts lundi matin pour tenter de retrouver des survivants.Mais l'espoir diminuait d'heure en heure autour de Sendai, où le bilan officiel s'élevait à 1597 morts, selon la police. L'autre priorité des autorités était de porter secours aux 590'000 personnes évacuées, selon un décompte des Nations unies.

"Nous manquons surtout d'eau potable. Mais aussi de vivres et d'information", a témoigné le maire d'Ishinomaki, l'une des villes les plus touchées. En l'absence d'électricité, les secours sont difficiles à organiser même si "de nombreuses personnes ont proposé leur aide", a ajouté Hiroshi Kameyama. Le Japon a mobilisé 100'000 soldats, soit 40% des effectifs de son armée, tandis que de nombreuses équipes de sauveteurs étrangers continuaient à arriver sur les lieux.

Une secousse sismique, d'une magnitude de 5,8 selon l'institut de géophysique américaine (USGS), a secoué lundi matin la région de Tokyo. Cette situation incertaine rendait nerveux les investisseurs, avertis par le gouvernement de "l'impact considérable" qu'allait avoir le séisme sur l'activité économique. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 6,18% en clôture, victime d'ordres de "vente panique". La place financière a connu lundi un volume de transactions historique avec plus de 4,88 milliards de titres échangés sur le premier marché, soit plus de 2,5 fois la quantité moyenne habituelle. Le séisme pourrait coûter 34,6 milliards de dollars aux assurances, selon une estimation d'AIR Worldwide, spécialiste de l'évaluation du risque.

La situation au Japon a relancé le débat sur le nucléaire civil, notamment en Allemagne ou aux Etats-Unis, où des parlementaires ont appelé à un moratoire sur le développement de cette énergie. En France, qui compte de nombreuses centrales, le gouvernement a assuré qu'il allait "tirer les enseignements utiles des événements japonais" pour son propre système d'exploitation.
AWP/AFP

Voir la vidéo : Tsunami in Japan : Fukushima reactor N°3 hydrogen explosion (14.03.2011)

 

 


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