- du 8 au 10 novembre 2010
Faire de la biodiversité une richesse pour les îles Selon Norman MYERS (2000), la Caraïbe est actuellement considérée comme l’un des hotspots de la biodiversité mondiale.
Éclatée géographiquement, cette région a connu une forte occupation humaine, au fil des siècles, du fait de la variété des conditions offertes pour son développement. Aussi, les Petites Antilles, comme les Grandes Antilles font partie des 34 zones critiques de conservation de la diversité biologique (Mittermeier et coll. 2005).
La flore et la faune y sont donc confrontées à une pression anthropique qui conduit à accélérer l’érosion de la diversité biologique mondiale et justifie l'appartenance à un hotspot. Les documents qui fixent les grandes orientations de développement de la Martinique et de la Guadeloupe mettent en exergue l’importance croissante des problématiques de gestion durable et intégrée de la biodiversité. En effet, les Ėtats Généraux de l’Outre-mer, tenus en 2009, appellent pour la Martinique et la Guadeloupe à la nécessité de créer un pôle d’excellence autour des problématiques de la biodiversité.
L’accent est mis sur les besoins en matière de valorisation et de renforcement du savoir-faire des îles, dans la recherche appliquée, l’écotourisme, la protection de l’environnement et l’éducation à la gestion de la ressource biologique. Plus encore, la biodiversité apparaît comme l’un des secteurs d’activité qui engendrerait la création de nouveaux emplois durables. Le Conseil Interministériel de l’Outre-Mer du 6 novembre 2009 s’est engagé à valoriser et à protéger la diversité biologique en incitant à créer un centre de ressources qui aura vocation à piloter, à suivre et à évaluer les plans locaux d’action pour la biodiversité.
Cette instance aura pour mission de mettre en relation les trois bassins océaniques (Pacifique, Atlantique et Indien) en vue d’échanger et de transmettre les bonnes pratiques en matière de biodiversité. Cet engagement est une opportunité sur laquelle la coopération régionale doit pouvoir s’appuyer pour favoriser l’émergence d’axes inédits de développement. Dans ce contexte, il est important de noter que la recherche sur la biodiversité a beaucoup à gagner d'une meilleure coopération avec les pays de la Grande Caraïbe. Cette approche complète l’un des objectifs du Schéma Martiniquais de Développement Économique (SMDE) : assurer la valorisation encadrée de la biodiversité. Elle s’inscrit aussi dans une certaine prise de conscience développée ces dernières années, aussi bien par les services de l’Etat, notamment la Direction Régionale de l'Environnement, que par les collectivités territoriales, dont le conseil Général (Agenda 21), l’Université des Antilles et de la Guyane et les associations de protection de la nature. Rappelons enfin que l’un des principaux critères justifiant notamment la classification de la Caraïbe en hotspot de la biodiversité mondiale est sa richesse en oiseaux, en mammifères, en reptiles et en amphibiens souvent rares et endémiques. De même, il existe actuellement dans les Petites Antilles une somme de compétences, de savoir et plus encore de savoir-faire autour de la connaissance, du suivi, de la valorisation et plus largement de la conservation d’espèces végétales et animales.
Ce colloque est l’occasion de réunir les chercheurs spécialisés dans l’étude de la biodiversité, les divers acteurs de la gestion de la flore, de la faune et des habitats, les chercheurs en sciences exactes et naturelles, en sciences humaines et sociales, les professionnels et tous ceux qui s’intéressent au développement, à l’aménagement et à la préservation des territoires et des sociétés insulaires.
L'objectif principal est de permettre aux scientifiques de partager les résultats de leur recherche menée sur la biodiversité terrestre, zones humides comprises, notamment dans les Petites Antilles. Un deuxième objectif est de mettre en relation ces résultats avec la gestion sur le terrain de la biodiversité. Enfin, un troisième objectif d’information du public se concrétisera par une exposition de posters scientifiques, de photographies et de travaux divers autour de la biodiversité. Les présentations seront structurées en trois axes complémentaires : Premier axe - Quelle Recherche sur la diversité biologique aux Petites Antilles ? Il regroupe l’ensemble des communications dont les thématiques sont liées à la connaissance de la flore et de la faune des milieux terrestres et de leurs zones humides (rivières, mangroves, plans d’eaux stagnantes, etc.). La problématique ainsi énoncée permet de présenter l’état des lieux (écologie, biologie, éthologie, description des biotopes, cartographie des biotopes, démographie des populations, suivi des populations, estimation des populations, connaissances génétiques, interactions inter et intra spécifiques, biologie des individus, étude des communautés, autoécologie, synécologie, etc.).
Le colloque réunira des chercheurs qualifiés ayant pour certains un rayonnement international. Les présentations devront être de bonne tenue scientifique tout en ne s'enfermant pas dans un jargon hyper- spécialisé, afin de tenir compte de la présence d’un large public (scolaires, étudiants, enseignants, naturalistes, gestionnaires des milieux naturels, élus, curieux, etc). Deuxième axe - Préservation, valorisation : quelle gestion de la biodiversité ? Cet axe regroupe l’ensemble des présentations dont les thématiques sont liées à la protection, à la conservation et à la valorisation de la flore et de la faune des milieux terrestres, des zones humides et des habitats. Il s’agira ici de mettre en avant les acteurs qui tendent à développer une véritable dynamique autour des problématiques de la biodiversité végétale et animale. Une attention particulière sera accordée aux communications qui porteront sur le bilan des actions accomplies, en cours ou sur les orientations futures. Cet axe mettra à l’œuvre, à côté des chercheurs, des professionnels et personnes qualifiées, notamment des représentants d’administrations, d’associations, de bureaux d’étude, de fédérations de chasse, et d’ONG. Les communications devront principalement répondre aux attentes des gestionnaires des milieux naturels et des élus, tout en n’excluant pas un large public. Il est donc bon de rappeler la nécessité d’un discours adapté. Troisième axe – Exposition autour de la biodiversité : découvrir une richesse Un troisième objectif est d'élargir l'accès de cette connaissance (surtout de l'axe 1) à un plus grand nombre. Cela passe par l'implication des professeurs de biologie, la publication des actes du colloque et la présentation de posters sur les recherches effectuées. Le colloque sera l'occasion d'exposer les clichés issues d'un concours de photographes amateurs en Martinique. Un village Biodiversité sera organisé et permettra aux acteurs concernés qui le souhaitent de présenter un stand mettant en valeur leurs actions en faveur de la biodiversité.
Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) AppelColloqueBiodivFr.pdf
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.
Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)
Creaktion Graph.IK