L'Etat français l'avait promis. Nous l'avions évoqué dans le numéro 9 de Fey. C'est désormais officiel : les eaux territoriales des Antilles françaises ont été décrétées zone de sanctuaire pour les cétacés. La création d'Agoa, du nom d'une déesse amérindienne de la mer, a été annoncée par la France au début du mois d'octobre lors d'une réunion qui se tenait en Jamaïque sous l'égide de l'ONU.
Dans toutes les eaux de la Martinique, de la Guadeloupe, de ses dépendances, des îles du Nord (Saint-Barthélémy et Saint-Martin) et de leurs zones de pêche, il est non seulement interdit de pêcher les baleines et les dauphins, mais des programmes de recherche sur ces animaux vont être lancés, et une réglementation sera mise en place pour leur permettre d'être un minimum dérangés par les activités humaines.
Ce sanctuaire devrait s'étendre bientôt à d'autres eaux. Les autorités hollandaises (compétentes à Saint-Martin, Aruba, Curaçao, Bonnaire...) et celles de l'île de la Dominique se sont déjà montrées intéressées pour rejoindre l'initiative française. C'est l'aboutissement d'un travail de plus de 20 ans menée par Lesley Sutty et son association ECCEA.
- Photo Leslee Sutt
22 espèces de mammifères marins fréquentent les eaux de la Martinique. Une riche biodiversité constatée par la SEPANMAR (Société Protection Aménagement Martinique) qui se livre depuis sept ans à l’inventaire des espèces de baleines et de dauphins présents dans un rayon de 25 km autour de nos côtes.
On compte des cétacés résidents, c’est-à-dire qu’ils séjournent toute l’année dans nos eaux, mais aussi des espèces migratrices parmi lesquelles la légendaire baleine à bosse. Sa morphologie caractéristique et ses propensions à sauter en font « la star » des expéditions touristiques d’observation des cétacés. Elle peut mesurer jusqu’à 15 mètres de long et peser jusqu’à 40 tonnes. Elle vient dans la Caraïbe entre décembre et mai pour mettre bas et élever ses petits pendant les premières semaines. Pendant la reproduction, le mâle déploie un chant très élaboré. Le reste de l’année, la baleine à bosse migre vers le Nord de l’Atlantique. Au niveau mondial, l’interdiction de sa pêche commerciale décrétée en 1982, a porté ses fruits. La population de baleines à bosse semble se reconstituer petit à petit. En 2008, elle est passée du statut « d’espèce vulnérable » à celle de « préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Cependant, un quart des cétacés reste aujourd’hui menacé. Parmi eux : le cachalot qui est une espèce commune et résidente dans les petites Antilles. On le reconnaît par sa grosse tête carrée et sa peau fripée. Un cachalot mâle peut mesurer jusqu’à 20 mètres et peser jusqu’à 50 tonnes. Il est très menacé par l’activité humaine.
En Martinique, les études de la SEPANMAR ont conclu à une relative stabilité de la population depuis sept ans.
Dans la foulée de l'ONU qui a déclaré 2010 année de la biodiversité, le PROE (Programme régional océanien de l’environnement) a proclamé 2010, année du Dugong.
Le dugong, appelée aussi vache de mer, est un mammifère marin des eaux du Pacifique et de l'Océan Indien. C'est le mammifère marin le plus menacé. Plus encore que le lamantin, dont il est le cousin dans l'ordre des siréniens.
Sommaire
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