Fey' Entretien

Réflexions sur la dépollution, ITW Fey / Magalie Lesueur-Jannoyer

La dépollution des sols serait-elle la solution au chlordécone ? Pas encore, mais dans les laboratoires, on y travaille...

Magalie Lesueur-Jannoyer a accordé un entretien à Fey. Elle est chercheuse au CIRAD et elle coordonne les travaux sur le pesticide au Pôle de Recherche Agro-environnemental de la Martinique.

Fey : Le CIRAD et l'INRA organisent un atelier international sur « la remédiation à la pollution chimique au chlordécone ». Il rassemble 23 scientifiques de la Martinique, de la Guadeloupe mais aussi d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Europe. Avez-vous dégagé des techniques porteuses pour la dépollution les sols ?

Magalie Lesueur-Jannoyer : Non. C'est justement l'un des objectifs de cet atelier. Pour l'instant, les recherches menées aux Antilles n'ont pas été concluantes. En Guadeloupe, nos collègues de l'Université ont essayé des techniques de biodégradation. Ils ont exposé le chlordécone à plusieurs bactéries. Sans succès... En Martinique, nous avons travaillé sur la phyto-remédiation, c'est-à-dire la dépollution par les plantes. Nous avons testé une vingtaine de types de cultures. Chaque fois, la teneur en chlordécone dans les végétaux était inférieure à la teneur dans les sols, ce qui n'est pas suffisant. Aujourd'hui, nous ne connaissons donc aucune plante capable d'extraire la molécule des sols et de la concentrer sur un organe particulier.

Fey : Quels sont les autres types de dépollution possibles ?

M.J.-L. : Hormis la biodégradation, la phyto-remédiation et la dégradation physique (sous l'effet du soleil de la chaleur etc), les techniques de dépollution actuelles comptent aussi la dégradation chimique. Cependant, nous ne savons pas si la dépollution est la voie royale. Si nous devons attendre des avancées technologiques importantes pour y parvenir, nous pourrions aussi confiner la molécule. Il nous est peut-être possible de la bloquer par une voie chimique, le temps que nous développions des solutions. Nous y réfléchissons aussi...

Fey : Pourquoi cette pollution est-elle particulièrement difficile à traiter ?

M.L.-J. : Elle est complexe. D'abord parce que la molécule est très stable. Elle est peu abîmée par des éléments physiques comme le soleil, le vent etc. De plus, sa dispersion dans notre environnement est complexe et spécifique. Avec le climat martiniquais, la qualité des sols de l'île..., on ne peut pas transposer les techniques éprouvées sous un climat tempéré. Nous avons donc sollicité la contribution des meilleurs spécialistes mondiaux pour faire le point et déterminer des priorités dans les recherches à mener.

 


 

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Date de dernière mise à jour : 01/12/2011

 

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