Fey magazine n°15

Vers une informatique verte

Ces dernières années, une recrudescence d'expressions contenant le mot vert a été constatée. Cela nous amène naturellement à nous questionner : ces termes ont-ils une réelle légitimité ? Ne s'agirait-il pas d'un effet de mode, cet adjectif bonifiant une notion qui lui serait antagoniste, afin de lui conférer une vertu environnementale qu'elle n'aurait pas ?

Il est par exemple difficile de combiner informatique et développement durable, surtout lorsque que l'on sait que les nouvelles technologies ne sont pas conçues pour être durables, qu'elles génèrent une quantité importante de Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), et qu'elles consomment énormément d'énergie. Qu'entend-on alors par « Informatique verte » ?

Définition du concept
C'est en 1992 que l'informatique verte émerge à travers le programme Energy Star, lancé aux Etats Unis par l'administration Clinton, puis elle apparaît en Europe à partir de 2001. Il s'agit d'un label visant à réduire l'impact énergétique de l'informatique, en fixant des seuils d'efficacité énergétique. Au départ, les actions de développement durable dans le domaine informatique se sont focalisées sur le recyclage du matériel.

Aujourd'hui, on peut noter de nombreux progrès avec l'apparition de « logiciels intelligents » capables de gérer les ressources énergétiques.

Les fabricants conçoivent aussi des produits plus durables dont les composants sont facilement remplaçables et recyclables et permettent d'économiser les ressources. Enfin, la réduction des volumes d'impression, le développement de la visioconférence (pour diminuer les déplacements), et les politiques de communication interne participent à la protection de l'environnement.

En 2014, on prévoie une production mondiale annuelle de 75 millions de tonnes de Déchets d'Equipements Electriques et Electroniques (DEEE), tandis que cette année nous devrions atteindre 50 millions de tonnes. En France, ce sont annuellement plus de 14 kg de DEEE par habitant qui sont produits, dont moins de 30 % sont collectés et recyclés. Selon Orange Business Services, le coût énergétique pourrait aujourd'hui représenter jusqu'à 40 % du budget informatique global d'une entreprise. Pour ce qui est des techniques de l'information et de communication (TIC), elles consomment 13,5% de l'électricité en France et sont responsables de 5% des émissions de CO2. Enfin, en prenant en compte la durée de vie moyenne des ordinateurs, on constate que la facture électrique qu'ils génèrent est bien supérieure à leur coût d'achat.

Il convient tout de même de reconnaître que l'utilisation des nouvelles technologies a parfois un impact écologique moindre par rapport à l'activité qu'elles remplacent. Par exemple, on dégrade moins l'environnement en lisant un journal en ligne, qu'en feuilletant un journal papier qui a très certainement voyagé, été imprimé avec des encres non végétales, sans oublier les autres externalités dues à sa production et à sa distribution. L'informatique verte serait-elle alors une vraie solution alternative ?

Sévrine RANDOL - Pascal SAFFACHE - UAG


Sommaire 

Li Fey
. Les retombées de Fukushima aux Antilles
. Vers une informatique verte
Fey débat

. Vous avez dit "métiers de l'environnement
Science
. Pastilles d'iode : une erreur ??
Fey entretien

. Les normes de construction parasismique ont changé
Nature

. Le rat
Biodiversité

. Les îlets de la Martinique, des territoires protégés
. Mission ornithologique sur l'îlet Hardy

 


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