Veille sanitaire - Nuage radioactif - lundi 21 mars 2011
Les autorités tentent de rassurer
Les autorités assurent que le passage du nuage sur les Antilles ne comporte aucun risque, sans pour autant convaincre l’ensemble de la population. Le préfet de Martinique Ange Mancini a tenu une conférence de presse ce lundi © Martinique 1ere Il préfère parler de situation de surveillance. Les mots du préfet de Martinique Ange Mancini sont choisis avec soin. Le passage ce lundi d’un nuage radioactif en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima n’est en aucun cas nocif pour la population, il n’a de cesse de le répéter. Ce n’est pas « une situation de crise », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse à Fort-de-France, préférant évoquer « une situation d’observation attentive ».
Pour justifier sa sémantique, Ange Mancini a fait référence aux relevés de l’Institut de radio-protection et de sureté nucléaire (IRSN). « Actuellement, vous avez une balise de l’Irsn qui fonctionne et dont les données sont transmises et renouvelées toutes les ½ heures. Les dernières données montrent qu’on est dans un niveau de concentration tout à fait habituel en Martinique », a-t-il affirmé au micro de Martinique 1ere. « Ces concentrations en particules seront d’un niveau extrêmement bas, à tel point qu’elles pourraient ne pas être détectées par les balises d’alertes du réseau Téléray de l’IRSN », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
Interrogé sur la délivrance de capsules d’iode en cas de crise, le directeur de l’Agence régionale de Santé (ARS), Christian Ursulet, a indiqué que les autorités sanitaires disposaient de 560.000 doses pour la Martinique, soit plus que l’île ne comporte d’habitants. Leur consommation restant pour l’instant inutile, voire déconseillée.
Scepticisme
En dépit des efforts gouvernementaux pour minimiser les risques encourus par la population de Guadeloupe et de Martinique, nombreux sont les acteurs et observateurs qui s’interrogent sur les conséquence à long terme du passage de ce nuage.
La Criirad, (Commission de recherche et d‘information indépendante sur la radioactivité) a publié ce lundi une note d’information sur les risques liés au passage de panaches radioactifs en France. Moins catégorique que l’Autorité de sureté nucléaire, qui affirme qu’il n’y aura « aucune conséquence sur la santé des personnes », la Criirad, très inquiète sur la situation au Japon reconnait cependant qu’au fur et à mesure du déplacement du nuage, « l’air que les populations sont susceptibles de respirer est ainsi de moins en moins radioactif ». « Les produits radioactifs présents dans l’air se déposent progressivement au sol, ce qui conduit à appauvrir progressivement le panache et à abaisser d’autant sa dangerosité », écrit l’organisme. Des prévisions qui s’appuient sur les données fournies par les autorités japonaises, et qui dépendent donc de leur exactitude.
Tchernobyl dans les esprits
En Guadeloupe, le LKP a, dans un communiqué, a très franchement exprimé ses doutes quant au message officiel. « En 1986, le Gouvernement français déclarait que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté aux frontières de la France. Aujourd’hui, aucune mesure n’ayant été prise tant au niveau de la prévention que de l’information, le préfet Fabre nous dira sans doute que les particules sont tellement dispersées qu’elles ne présentent aucun risque pour la santé », écrit le collectif.
Beaucoup plus modéré, le député-maire des Abymes Eric Jalton a annoncé avoir demandé au préfet de la Région Guadeloupe et au ministre de la Santé que « soit réunie, dans les plus brefs délais, une cellule de recherche en vue d’un plan d’action sur les effets de ce nuage sur nos populations, notre alimentation, notre environnement, qui réunira tant les scientifiques que les administrations et institutions en mesure de le mettre en œuvre ».
http://www.la1ere.fr/infos/actualites/les-autorites-tentent-de-rassurer_49010.html
La radioactivité japonaise survole les Antilles
Selon les spécialistes, les premières particules radioactives émises par la catastrophe nucléaire de Fukushima ont atteint ce week-end l'arc Antillais.
Leurs calculs indiquent qu'il n'y a cependant pas de conséquence sanitaire à redouter en raison de la très faible concentration des particules.
Pas loin de 14 000 kilomètres séparent la Martinique de la centrale nucléaire de Fukushima mais il n'est cependant pas possible d'échapper totalement aux conséquences de la catastrophe japonaise.
Les premières particules radioactives devaient survoler les Antilles ce week-end. C'est en tout cas ce qu'indiquent les spécialistes de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sureté nucléaire) et de Météo-France qui conjuguent les estimations de radiations émises depuis l'explosion de la centrale à la course des vents.
Dans le communiqué qu'il a publié samedi, l'IRSN annonce que " le panache a recouvert dans la journée d’hier la plus grande partie de l’Amérique du Nord et le nord-est de la Sibérie. Il passe actuellement sur l’Atlantique Nord, et devrait atteindre le Territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon et les Antilles."
Une information dont les Martiniquais auraient volontiers fait l'économie, mais qui, selon les specialistes, ne doit pas pousser à la panique.
L'IRSN assure que "Les concentrations attendues de césium 137 dans l’air sur les territoires balayés par le panache sont extrêmement faibles". Tellement faibles qu'elles " seront sans conséquence sanitaire et environnementale" assure l'IRSN. Un avis partagé par les spécialistes américains de l'EPA (Agence de protection environementale). Ils indiquent que les revelés au dessus du territoire américain ne font en effet apparaître aucun phénomène particulier.
" Les concentrations attendues à terme, d’après cette modélisation, pourraient être de l’ordre de 0,001 Bq/m3 en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer de l’hémisphère nord" assure l'IRSN. Il précise qu'à tritre de comparaison, "les valeurs mesurées au cours des jours suivant l’accident de Tchernobyl dépassaient 100 000 Bq/m3 dans les premiers kilomètres autour de la centrale ; elles étaient de l’ordre de 100 à 1000 Bq/m3 dans les pays les plus touchés par le panache radioactif (Ukraine, Biélorussie) ; en France, les valeurs mesurées dans l’Est étaient de l’ordre de 1 à 10 Bq/m3 (le 1er mai 1986). "
P.-H.C. franceantilles.fr 20.03.2011
Suivre la crise sur internet
Ceux qui souhaitent suivre au jour le jour l'évolution du panache radioactif et sa course autour du monde peuvent consulter le site de l'IRSN :
animation de l'IRSN
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