Le député-maire de Fort-de-France

Le député-maire de Fort-de-France, Serge Letchimy, était le rapporteur du volet outre-mer de la loi sur le Grenelle de l’environnement pour son groupe politique SRC à l’Assemblée nationale. Fey l’a rencontré après le vote du projet de loi en première lecture.

Fey :
Les élus d’outre-mer avaient déposé une soixantaine d’amendements et une trentaine ont été adoptés. Lequel vous semble le plus important ?

Serge Letchimy : Celui de l’article 1, sur l’habilitation législative, est le plus emblématique. Il transfert aux collectivités locales de nos régions la possibilité de prendre des mesures pour mener des politiques spécifiques. Je retiens aussi que la notion de développement durable est désormais définie par la loi. Elle repose sur trois piliers : l’économie, l’environnement et le progrès social.

Fey : Votre amendement sur l’article 1 est-il une mesure écologique ou une mesure politique ?

S. L. : Les deux. Je suis partisan d’une large autonomie, dans le cadre de la constitution et je pense que cet amendement permet de donner la main à nos régions. C’est aussi une mesure écologique car nos pays ont besoin de s’inscrire dans un développement durable, véritable colonne vertébrale du développement et du progrès.

Fey :
Pensez-vous qu’il y a aujourd’hui une urgence écologique ?

S. L. : Une très grande urgence ! L’équilibre repose sur nos richesses endémiques et denses. Si cet équilibre est rompu, le pays est foutu. Nous avons aujourd’hui besoin de mieux connaître notre environnement, de le valoriser et de l’exploiter durablement. Si nous ne nous emparons pas de ces défis, nous serons dépossédés de notre propre environnement.

Fey : S’il y avait une mesure prioritaire à prendre dans le cadre du Grenelle de l’environnement en Martinique, laquelle serait-elle selon vous ?

S. L. : Il nous faudrait d’abord mettre en place un plan sérieux qui nous permette de travailler dans trois directions : les énergies renouvelables, la biodiversité et les risques naturels. Il nous faut aujourd’hui inventer dans ces domaines.

Fey : Les amendements proposés par les élus de votre groupe sur le projet de loi Grenelle, n’ont pas tous été adoptés à l’Assemblée lors du vote en première lecture. Avez-vous un regret ?

S. L. : Oui. Pour réduire le coût économique et écologique du transport des marchandises importées en Martinique, je voulais proposer que l’approvisionnement puisse se faire depuis des régions moins lointaines que la France. Il n’est pas normal que des marchandises brésiliennes par exemple, soient envoyées en France avant d’être acheminées en Martinique. Je voulais en quelque sorte libérer le marché sud-américain. Le gouvernement s’y est opposé invoquant les règles du commerce mondial.

 



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