Le plan chlordécone lancé en 2007 donnait le coup d'envoi d'une quête de la présence du pesticide cancérigène dans les produits de l'alimentation humaine.
Des analyses étaient multipliées dans l'eau potable, dans les produits de l'agriculture maraîchère et vivrière, dans la pêche, mais aussi dans la viande.
Et comme souvent, en cherchant le chlordécone, les spécialistes, en ont trouvé : quatre carcasses de boeufs ont été détruites et 22 cheptels bovins sont aujourd'hui sous contrôle renforcé des autorités sanitaires.
Pour repérer le chlordécone dans la viande locale, la Direction des services vétérinaires effectue chaque année 250 prélèvements aléatoires, le plus souvent à l'abattoir. Les résultats sont livrés dix jours plus tard. 150 prélèvements concernent des bovins. Le boeuf est en effet la viande locale qui représente le plus de risques de contamination du fait de la durée de vie, plus longue, de l'animal et de son mode d'alimentation. « Les porcs et les volailles disposent souvent d'aliments industriels contrôlés dans lesquels on ne trouve pas de chlordécone explique Thierry Touzet, le Directeur des services vétérinaires. Quant aux cabris, nous avons de peu de prélèvements mais un seul s'est révélé non conforme ». Ce n'est pas le cas des bovins.
22 élevages bovins à risque
Les analyses ont débuté en 2008. Après l'abattage du boeuf, les techniciens prélè-vent de la graisse dans la région des reins.
« La limite réglementaire est de 20 microgrammes de chlordécone dans la viande mais comme le produit se concentre dans la graisse, nous considérons la limite à 100 microgrammes » précise Thierry Touzet. La première année, tous les résultats ont été conformes. En revanche, en 2009, les analyses ont permis de repérer des teneurs supérieures sur des bêtes issues de quatre cheptels différents, tous implantés dans la grande région du Nord-Atlantique. En 2010, le nombre a encore augmenté passant à 22 (sur un total de plus de 4 000 cheptels).
Les élevages ainsi identifiés à risque ont été placés « sous contrôle renforcé ». Tous les animaux abattus qui en proviennent sont systématiquement analysés avant d'être mis sur le marché. Si les résultats ne sont pas conformes, la viande est détruite, par enfouissement. Quatre carcasses martiniquaises d'un même cheptel ont subi ce sort. De plus, l'exploitation à risque bénéficie d'un suivi des spécialistes pour tenter de réduire la contamination des bêtes, en cherchant d'autres pâturages ou d'autres points d'eau par exemple.
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Date de dernière mise à jour : 14/03/2012
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