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La double vie de nos poubelles

La double vie de nos poubelles

Il y a dix ans, nos déchets étaient empilés dans des décharges à ciel ouvert. Leur volume croissant a rendu insupportables les dégâts écologiques et le gâchis économique. Depuis, à l'image de la Trompeuse à Fort-de-France, la Martinique a bien changé. Nos poubelles sont désormais convoitées, créatrices de richesse et d'emploi.

Car nos ordures produisent d'abord de l'électricité. L'incinérateur de la CACEM et le centre de valorisation des déchets verts du SMITOM transforment la chaleur de la combustion et les gaz organiques en énergie. Cette puissance représente moins de 1% de la consommation électrique martiniquaise, mais c'est autant de pétrole qui n'est pas importé et brûlé pour le faire.

La pollution et le gâchis ont également été réduits grâce à la mise en place du tri sélectif

Les bornes d'apport volontaire couvrent tout le territoire depuis quatre ans. Chacun est invité à y déposer ses emballages en plastique, en carton, en verre et en métal. Les trois premiers sont récupérés par Martinique Recyclage, une entreprise du groupe Monplaisir installée à Ducos. Elle occupe une trentaine de personnes (dont treize sous contrats à durée indéterminée) pour conditionner et expédier ces matières. Les emballages plastiques sont compactés pour être exportés vers la Guadeloupe où la filière locale peine à se mettre en place autour de la seule usine de traitement des DFA. Le verre est acheminé vers la région de Bordeaux pour faire des bouteilles. De nouveaux emballages sont produits à partir de nos cartons également expédiés en France.

Tout est exporté car la Martinique ne compte aucune usine de valorisation

« L'étroitesse du marché fait qu'elle ne serait pas économiquement viable » estime Philippe Maraval, de la Direction Régionale de l'Environnement. Le métal est traité par Métaldom, une autre entreprise du groupe Monplaisir.
Leader incontesté sur le marché antillais de l'environnement, le groupe familial reste discret sur ses bénéfices. Interrogée, la Directrice de Martinique Recyclage, Agnès Beyer, reconnaît que l'entreprise de tri s'est révélée « rentable », assez pour réaliser des investissements. En septembre, Martinique Recyclage aura doublé sa capacité de traitement passant de 4 000 à 8 000 tonnes par an. « En 2 007 nous avons tourné à plein régime » explique Agnès Beyer, et les perspectives sont bonnes ! L'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) estime que 1% seulement des déchets ménagers est trié en Martinique contre 20% dans l'hexagone. La fermeture définitive des trois dernières décharges à ciel ouvert de la Martinique en 2012 et la saturation de l'usine d'incinération rendent le tri incontournable.

Reste à améliorer la collecte des déchets ménagers

« En Martinique, on compte une série de bornes d'apport volontaire de déchets pour mille habitants. C'est deux fois moins qu'en France » affirme Agnès Beyer. Résultat : dans certains quartiers, notamment dans le Nord, les containers sont insuffisants. Le verre et le plastique débordent sur la chaussée... Il appartient aux trois Communautés de communes d'améliorer le réseau et la fréquence des collectes mais ce service a un coût, qui est assumé par les contribuables.

Le tri doit donc se doubler d'une démarche plus profonde

La réduction des déchets à la source. « Dans ce domaine, la Martinique a un gros retard » déplore Philippe Maraval de la DIREN. « On a du mal à limiter la hausse de la production de déchets ménagers » (actuellement, selon l'Ademe, 420 kilos par an et par martiniquais). Des campagnes de communication pourraient être engagées pour inciter les consommateurs à choisir des produits qui comportent moins d'emballages.

Car ne pas importer ces déchets, c'est la seule manière de ne pas payer leur transport à l'aller, puis au retour...

I.K. / Fey Magazine 5 / sept. 2008


 

Commentaires (3)

1. feyenvironnementmagazine (site web) 04/04/2015

Marie-Hélène, Djibril Bane nous a rédigé un beau papier, concernant "le comportement écologique" pour Fey magazine 11, daté du 11 août 2010... lisez-le, dites-moi ce que vous en pensez !
A bientôt. IK

2. Marie-Hélène BOUTON 04/04/2015

Ecobonjour,

Voilà, en fouinant dans votre site, car j'y reviens, j'ai retrouvé ces petits mots que m'avait rappelé le texte très interessant ci-dessus.

PS Je ne reçois pas de newsletter alors que je suis inscrite depuis longtemps : an nou, an nou fey...

12. Marie-Hélène BOUTON 23/04/2010

Bonjour,
Attrapons le mal à la source.
Attendons-nous la révolte des poubelles ?
Sssuuusss, à l'emballage !
Amplifions le mouvement !

Prenez le temps de vous asseoir afin que je vous raconte ce que je vis.
Oh!!!!! oui, tous les jours, tout le temps, toute la journée.
Une avalanche de plastique, verre, aliments, papiers et puis d'autres encore et encore.
Ben..., non... conçue comme je suis... Seulement d'ouvrir ou fermer mon couvercle.
Et même ma cousine à trois ventres se plaint : toujours trop, trop vite, tout le temps...
Levée à peine, qu'à nouveau on m'emplit.
Lavée à peine,qu'à nouveau on me salit.
Eh!!! oui c'est là ma vie ! Et ma guerre, je ne sais pas la faire.
Suuuusssss... à l'emballage ! MH BOUTON

Fatiguée d'emballer !
Fatiguée de déballer !
Lasse de remplir, vider, laver,
Lasse de tout le temps ce rythme, raviver.
Ssssuuuussss à l'emballage surnuméraire !
Sssuuuusss aux déchets leurs tristes frères ! MH BOUTON

Bonjour,c'est moi, l'Environnement !
Oui... je n'en peux plus et vous aussi bientôt n'en pourrez plus.
Ne jouez pas trop avec ma santé.
Jetez ce qu'il faut là où il faut.
Oubliez fonds, ravines, par en-bas, par derrière, an razie a, an mangrove la, an lan mè a, an ba bwa a, an la riviè a, an dalo a, deye do ou...
Utilisez-moi pour aujourd'hui et pour demain.
Rappelez-vous que je vous aime ! MH BOUTON

Dare, Dare dans les sols, l'eau, l'air, la mer, les océans...
Et que je me roule par-ci, et que je me gausse par-là !
Crrraaa Crraaa Crados, j'aime ça !
Hop par ci ! Hop par là !
En route pour mes trajets...
Tssst ! Tssst! N'oubliez pas de me répandre partout !
Serpenter jusqu'à la mer ? J'aime ça.
Cordialement - MH BOUTON

En savoir plus sur http://www.feymagazineweb.com/pages/tribune-libre-de-fey.html#comment#ibuvs2ReGz1esG46.99

3. Marie-Hélène BOUTON 04/04/2015

Ah ! Cela me rappelle un p'tit mot que je vous avais adressé et que je ne retrouve plus dans les avis et qui parlait justement de la prise de conscience du problème à la source qu'est ce trop plein d'emballages.

Je parlais de poubelles domestiques à peine vidées que remplies et de cette lassitude de déballer, d'enlever trop souvent sur le même produit plusieurs emballages sans compter le contenant.

Le problème est majeur à la source et la prise de conscience et l'impact direct sur les populations.

C'est à ce niveau il me semble que l'amorce pourrait être plus efficace. Dans notre tête, il ne s'agit pas encore de déchets (ce que jette deyè do, en ravine la, en fon an, pa an ba a, deyè kaye la, et puis maintenant dans les zones non réservées aux encombrants en pleine ville...) mais subtilement de ce que nous achetons, payons et...JETONS, et payons encore en taxe environnementale, en dettes environnementales, en reproches, en campagnes de sensibilisation, en qualité de vie...

Oui je tenterais de changer les mots pour nous particuliers, les images etc et parlerais alors de notre dette environnementale à chacun et moi-même. De notre emprise sur l'environnement en parlant de déchets.
Oui une dette environnementale et des emprises sur l'environnement, j'y vois un peu selon moi quelque chose d'actif, immédiat dans l'acte, dans la perception. Quelque chose qui ne serait pas encore entré dans le "ronron" de la prévention, même si ces mots existe dans le discours traditionnel. Les ramener dans cet angle me paraît pouvoir nous aider à la chose.
Enfin dans la même base d'idée, on peut trouver d'autres mots.

C'est un peu la démarche des grands lobbiying justement quand ils veulent changer les COMPORTEMENTS. D'habitude, c'est pour nous faire consommer..., voir d'un autre oeil ce dont nous ne voulions pas. Alors détournons les choses comme dans les arts martiaux.

Evidemment ce n'est pas tout mais c'est un peu déjà ça.

Si fok fey, an nou fey !

Marie-Hélène BOUTON

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Date de dernière mise à jour : 16/10/2014

 

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