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Dangers sur la biodiversité martiniquaise

Dangers sur la biodiversité martiniquaise

Peucelle jenifer berlin siteAvec 143 espèces végétales menacées (d'après le Conservatoire botanique des Antilles françaises) et des populations animales en recul, la biodiversité martiniquaise n'échappe pas à la crise profonde qu'elle traverse au niveau planétaire.

Dans notre île qui compte 364 habitants au km2, la pression humaine est forte. Chaque année, l'urbanisation progresse et mille hectares de terres agricoles sont transformés en zone de logements ou d'activités...

Le constat est le même au niveau régional. Dans la Caraïbe, en 20 ans, 35% des mangroves ont disparu. Dans la mer, le corail vivant est passé de 50% à 10% du couvert corallien et les poissons se raréfient. Sur la terre, la Caraïbe et l'Amérique latine détiennent le record mondial de déforestation.

L'habitat naturel des espèces se morcelle et se réduit, et l'activité humaine a un effet global sur la planète. Le réchauffement climatique représente une menace directe sur les écosystèmes. La monoculture intensive a fait des dégâts profonds en épuisant les terres et en déversant des molécules chimiques actives (pesticides, herbicides...) dans la chaîne alimentaire.

La crise est profonde et elle inquiète les spécialistes. Les relations d'interdépendance entre la biodiversité et l'activité humaine sont en effet d'ordre vital. La biodiversité (la diversité de la faune, de la flore et des gènes) conditionne notre alimentation (agriculture, pêche), notre sécurité (la végétation et les coraux sont des protections contre les cyclones, inondations...) mais aussi la médecine, la biochimie, la génétique...

Sur les pentes des pitons du Carbet ou sur les collines de la Caravelle, une fleur ou un insecte recèle peut-être un remède contre le cancer, le sida, la drépanocytose ou la dengue. Son extinction en priverait la planète entière.

Car la biodiversité martiniquaise est remarquable par son originalité. Elle comporte relativement peu d'espèces (une dizaine de mammifères contre 180 en Guyane, par exemple), mais dans une proportion importante, on ne les trouve pas ailleurs.

Si 1% des mammifères de la Guyane est strictement endémique (originaire du lieu), 10% des mammifères de la Martinique le sont. La Martinique compte presque deux fois plus de plantes à fleurs endémiques que la Guadeloupe (45 pour 24 selon l'Inventaire National du Patrimoine naturel). La raison, explique la Direction Régionale de l'Environnement : nous sommes sur l'une des terres des petites Antilles les plus éloignées des continents et des grandes îles où des espèces se sont dispersées.
Mygale
La Martinique compte -hors insectes et gastéropodes terrestres- quatre espèces animales strictement endémiques : un oiseau (le carouge), un serpent (le trigonocéphale), une chauve-souris (le murin) et une araignée (la mygale matoutou).

Comment donc préserver ces espèces martiniquaises de ce qui serait une extinction mondiale ?
Les participants au Grenelle local de l'environnement en octobre 2007 ont avancé des propositions : augmenter la part des espaces protégés en Martinique, réduire le rythme de l'urbanisation horizontale, adopter une agriculture durable, accélérer les inventaires botaniques et faunistiques...

Les remèdes sont là mais ils sont difficiles à mettre en œuvre. Ils réclament l'implication de multiples intervenants (politiques, promoteurs immobiliers, chefs d'entreprise, agriculteurs, scientifiques, habitants...) et représentent un véritable changement de modèle de développement économique et urbain.

Mais avons-nous vraiment le choix ?

Pour Fey 3 /le mars 2008
Phot. bat./ Peucelle Jenifer
Mygale / K. Isaac


 

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Date de dernière mise à jour : 30/05/2015

 

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