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Des germes « sismiques »

Des germes « sismiques »

 

GermesParmi les leçons à tirer du tremblement de terre qui a anéanti Haïti le 12 janvier, on retiendra notamment la nécessité de se préparer médicalement à affronter des infections sévères et spécifiques. Elles ont été constatées par les médecins du CHU qui en Martinique ont soigné des blessés évacués d'Haïti pendant les trois premières semaines qui ont suivi la catastrophe.

Les médecins ont même pu réaliser une étude qui devrait aider les secouristes et les personnels soignants à intervenir au mieux après un tremblement de terre.

« Pour la première fois, un hôpital civil a pu étudier les conséquences sanitaires d'un séisme, sans être lui-même en situation de catastrophe » explique le docteur Marc Janoyer, le chef du service de chirurgie pédiatrique à la Maison de la femme, de la mère et de l'enfant du CHU de Fort-de-France.
54 enfants haïtiens grièvement blessés ont été soignés dans son service. La plupart présentaient des blessures sévères (membres écrasés, fractures ouvertes, traumatismes crâniens etc) mais aussi des infections « très résistantes ».

« Comme nous n'étions pas nous-mêmes submergés par un nombre important de malades ou victimes de dégâts sur nos installations, nous avons effectué des prélèvements sur tous nos malades et nous avons mis les germes en culture dans notre laboratoire pour les étudier » raconte le Docteur Janoyer.

Bilan : les spécialistes ont trouvé des germes « classiques » comme le staphylocoque doré, mais aussi des germes « sauvages », c'est-à-dire des bactéries présentes sous la terre et qui avaient déjà été observées après des tremblements de terre dans d'autres régions du monde (en Turquie en 1999 ou en Chine en 2008). Certains parmi ces germes dits sporulés vivent sous la terre dans des sortes de capsules et apparaissent si les conditions sont favorables à leur développement, par exemple, en cas de séisme.

« Ces infections peuvent provoquer des gangrènes gazeuses. D'autres bactéries sont particulièrement résistantes aux traitements. Seuls trois antibiotiques, très peu utilisés en Martinique, peuvent en venir à bout. Nous avons dû en faire venir d'urgence de France pour soigner nos patients » précise le Docteur Marc Janoyer.

Sur la base de cette expérience, les médecins du CHU ont rédigé une étude. Ils proposent un protocole d'organisation pour la prise en charge des victimes après un tremblement de terre. Le protocole prend en compte les risques de contagion de ces infections, leur nature spécifique et les traitements les plus adaptés. Un savoir qui pourrait être utile en cas de tremblement de terre catastrophique en Martinique, ou dans le reste de la France...

LMH pour Fey n°9 / mars 2010

 


 

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Date de dernière mise à jour : 04/10/2014

 

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