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Controverse autour de la gestion des stocks de thons rouges et de la marée noire

Controverse autour de la gestion des stocks de thons rouges et de la marée noire

En 2009, la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique (CICTA) et l'Union européenne, ont fixé à 22000 tonnes, les volumes autorisés de capture de thons rouges. En 2010, ce volume a été ramené à 19950 tonnes, alors que dans l'Atlantique et la Méditerranée les prises avoisinent annuellement 50000 tonnes.

Les scientifiques indiquent que pour que le renouvellement de l'espèce soit assuré, les prélèvements annuels ne devraient pas excéder 15000 tonnes ; les quotas imposés ne sont donc pas adaptés et devraient être revus à la baisse prochainement. Certains spécialistes estiment que si rien n'est fait rapidement, le thon rouge disparaîtra de la partie occidentale de l'océan Atlantique et devrait disparaître ensuite de la Méditerranée.
Cette espèce pourrait donc figurer prochainement sur la liste des espèces menacées d'extinction.

De nouvelles recherches et observations réalisées par l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) et la CICTA, laissent penser que le thon rouge n'est pas en voie d'extinction en Méditerranée, car dans le Golf du Lion la densité de jeunes thons rouges a doublé (en 2009) par rapport aux années précédentes. L'élévation du poids minimum de capture, passé de 10 à 30 kg, n'explique t-elle pas que l'on trouve plus de poissons juvéniles dans le Golfe du Lion ?

En tout état de cause, ces études corroborent le point de vue de l'association euro-méditerranéenne de pêcheurs professionnels de thons, alors même que le 10 février 2010, la commission européenne et les Etats membres choisissaient d'interdire le commerce international de l'espèce.
Mais le 18 mars, la conférence de la Cites sur le commerce des espèces sauvages menacées a rejeté la proposition de Monaco, visant à interdire les exportations de thon rouge sous la pression du Japon gros consommateur de thon rouge et de pays en développement telle la Lybie.

A plusieurs milliers de kilomètres de là, dans le Golfe du Mexique, l'enjeu n'est pas de savoir si les juvéniles de thons rouges sont plus nombreux ou plus gros, mais juste de sauver ce qui peut l'être encore en raison de la marée noire.

Rappelons que d'après les estimations de British Petroleum, ce seraient 800000 litres de pétrole brut qui se déverseraient quotidiennement en mer ; cependant, des scientifiques ont découvert la présence de vastes nappes d'hydrocarbures surnageant à très grande profondeur sous-tendant la présence de polluants en beaucoup plus grande quantité.

Dans ces conditions, ne faut-il pas craindre pour les espèces pélagiques, mais aussi et surtout pour toutes celles qui demain seront engluées sur ou à proximité des côtes américaines et Mexicaines ?

Véronique PRIVAT, Pascal SAFFACHE
Pour Fey mag. /mai 2010


 

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Date de dernière mise à jour : 29/09/2014

 

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