Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

La « permaculture » : une nouvelle révolution agricole ?

La « permaculture » : une nouvelle révolution agricole ?




Notre modèle agricole a montré ses limites, car les techniques employées aujourd’hui ont des impacts sur l’environnement, et la qualité des produits ne cesse de s’amenuiser inexorablement. Même l’agriculture biologique (qui a pourtant été présentée comme une alternative) ne répond pas à nos attentes, car elle n’impose pas de renoncer à la monoculture. C’est la raison pour laquelle la « permaculture » est plébiscitée aujourd’hui.

Le vocable « permaculture » vient de « permanent agriculture » ; il s’agit en réalité de créer des écosystèmes alimentaires, c’est-à-dire d’avoir une diversité d’organismes végétaux et animaux en interaction constante. Partant de cette vision, la permaculture adoptera certaines pratiques :

1. elle n’utilisera pas d’intrants de synthèse pour amender le sol et lutter contre les parasites et les maladies, mais associera les plantes de façon à ce qu’elles se protègent mutuellement ;

2. elle ne gaspillera ni d’espace, ni de ressources, c'est-à-dire qu’elle récupérera, emmagasinera et recyclera les énergies (récupération de l’eau de pluie), et empilera aussi verticalement les différents composants de l'écosystème (arbres plus ou moins grands, buissons, herbes, racines, plantes grimpantes) de façon à ce qu’ils s’autorégulent ;

3. elle se servira aussi de la biodiversité présente sur place (il s’agira, par exemple, de créer des ruches pour que les abeilles déjà présentes y établissent leurs colonies et polinisent les cultures) ;

4. elle veillera aussi à ce que chaque composante de l’exploitation dispose de fonctions multiples (engrais, fourrage, support pour une autre plante, coupe vent, etc.).

Afin de satisfaire ces exigences, il s’avère nécessaire d’avoir une bonne compréhension du terrain et surtout une conception pointue de l’exploitation. Il convient donc d’intégrer les éléments plutôt que de les séparer, et anticiper les successions naturelles d’espèces dans le temps pour prévoir leurs adaptations.

La « permaculture » est une solution que chacun peut mettre en place localement, les jardins créoles étant de bons exemples. Mais plus qu’une nouvelle forme d’agriculture, la « permaculture » est un nouveau mode de conception de nos territoires et de nos sociétés. En effet, il s’agit d’un processus local à visée globale.

D’une part, en s’inspirant des écosystèmes, la « permaculture » se place dans une dynamique de création de liens en réajustement constants ; elle est d’avantage un cheminement laissant la place à l’innovation, l’adaptation, qu’une réponse arrêtée. C’est pour cela qu’elle fait appel à plusieurs domaines comme la géographie, l’écologie, ou encore l’architecture.

D’autre part, parce que tout écosystème ne peut faire l’économie des liens qu’il entretient avec les autres, la « permaculture » intègre nécessairement les activités humaines à savoir l’économie, l’urbanisation, le contexte social, etc. Non seulement la « permaculture » prend en compte ces autres systèmes, mais elle agit aussi sur eux avec des initiatives comme la création de murs végétalisés qui influent sur le microclimat et la qualité de l’air ; autant d’idées qui devraient faire émerger une vraie écologie urbaine…

Vanessa PAVILLA, Pascal SAFFACHE
Pour Fey mag.13 / janvier 2011


Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 21/09/2014

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK