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Recherches sur le Manicou

Recherches sur le Manicou

manicou-matinik-14.jpgDepuis six ans, le manicou, fait l'objet d'une étude biologique en Martinique.
Plusieurs conventions ont été signées entre la Direction Régionale de l'Environnement (aujourd'hui la DEAL) et l'Université Montpellier 2 pour la période 2005-2015.

Objectif : estimer la mortalité routière de la sarigue à oreilles noires et évaluer l'éventuel péril qu'elle représente pour l'espèce.


Ainsi, chaque année, depuis 2005, un biologiste, directeur de recherche du CNRS, séjourne un mois en Martinique pour tenter de répondre à ces deux questions. François Catzeflis est un écologiste spécialiste des petits mammifères, rongeurs et opossums de la Guyane. Il procède à des captures d'animaux grâce à des casiers, conçus spécialement pour l'étude et garnis de fruits, ainsi qu'au comptage quotidien des manicous écrasés sur des axes routiers déterminés.

Il est encore trop tôt pour dresser les conclusions de l'étude, qui n'est pas terminée, mais déjà des tendances se confirment au fil des ans. Il apparaît nettement que la mortalité des manicous sur les routes du Sud de la Martinique est très élevée, cinq à dix fois plus que dans le Nord, où le trafic routier est moins dense. Le record est détenu par la route du lieu dit Les Palmistes, entre le Diamant et les Anses-d'Arlet, où des manicous capturés et marqués deux jours avant, ont été retrouvés écrasés. Il apparaît également que la majorité des sarigues retrouvées tuées par des voitures, sont de jeunes mâles, ce qui laisse penser que leur espérance de vie est faible dans le Sud de la Martinique. Les femelles, qui ont des domaines vitaux moins vastes, semblent moins touchées.

Dans le Sud de l'île, seules les populations éloignées des axes routiers atteignent leur espérance de vie naturelle. François Catzeflis l'a constaté dans une mangrove, entre Rivière-Salée et les Trois-Ilets. Cependant, partout dans le Sud, la route apparaît comme la première cause de mortalité des sarigues à oreilles noires.

Cette mortalité extraordinairement élevée pourrait menacer l'espèce dans certaines régions de l'île. Cependant, même s'il disparaissait des zones péri-urbaines du Sud, le manicou devrait pouvoir se maintenir en Martinique grâce à sa présence dans les forêts du Nord. Elle a été démontrée par les études de terrain de François Catzeflis. Des manicous habitent l’ensemble des forêts des pentes des Pitons du Carbet ou de la Montagne Pelée, deux zones désormais protégées par leur statut de réserve naturelle.

Un espoir qui ne doit pas toutefois empêcher les automobilistes de lever le pied sur les routes du Sud. D'autant que les manicous n'en sont pas les seules victimes...

 

L. M pour Fey magazine 14 pour la DEAL
Avril 2011

 


 

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Date de dernière mise à jour : 03/10/2014

 

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