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Les normes de construction parasismique ont changé /2011

Les normes de construction parasismique ont changé depuis le 1er mai 2011


    

Pour les commenter, Fey a rencontré Franck Hubert, architecte martiniquais spécialiste du risque sismique.

Fey : Pensez-vous que ces nouvelles normes vont dans le bon sens ?

Franck Hubert : Oui, c'est un progrès d'abord parce qu'elles sont plus pragmatiques. Elles donnent enfin l'obligation aux maîtres d'ouvrage qui construisent des bâtiments importants pour la sécurité civile (casernes de pompiers, hôpitaux etc), de leur permettre de fonctionner, même après un tremblement de terre. Auparavant, les normes en vigueur depuis 1998, prévoyaient seulement une obligation de tenter de sauver les vies dans ces bâtiments, en cas de séisme. Désormais, ils devront rester opérationnels ce qui par la suite, permettra de sauver d'autres vies.

Fey : Pour les constructions individuelles, pensez-vous aussi qu'il va également y avoir une amélioration ?

F. H. : Oui parce que ces nouvelles normes ont augmenté ce que l'on appelle les chiffres d'accélération nominale, c'est-à-dire la vitesse des mouvements du sol auxquels les maisons et les immeubles vont devoir résister. Cela va aussi dans le sens de la sécurité des habitants.

Fey : Ces nouvelles normes vont-elles s'accompagner d'un renchérissement de la construction ?

F. H. : Non, je ne pense pas, et peut-être même va-t-on assister à une baisse des coûts. Car, les normes précédentes avaient écarté ce qui est à mon avis, la technique de construction la plus efficace contre les séismes : les isolateurs. Il s'agit de plots, le plus souvent en caoutchouc, placés au niveau des fondations et qui permettent d'absorber les secousses souterraines. Cette technique avait été éludée au profit de coûteux renforts en béton super armé. Ils ne seront plus nécessaires si le bâtiment est placé sur des isolateurs. Ils sont utilisés partout dans le monde, au Japon, au Chili, en Italie... et malheureusement trop peu aux Antilles. En Martinique, seuls un hôpital (au François), une clinique (Saint-Paul), une école (Pointe Lynch au Robert), deux lycées (Bellefontaine et Ducos, ainsi que les récentes extensions de Perrinon et de Pointe des Nègres), et quatre maisons individuelles (dont la mienne) en sont équipés. Il est temps que ces isolateurs se développent aux Antilles car le temps presse. Il faut agir avant qu'un gros tremblement de terre ne survienne.

Laure Martin Hernandez
Pour Fey 15/ juin. 2011


 

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Date de dernière mise à jour : 21/09/2014

 

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