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Le plan anti-dengue activé

Le plan anti-dengue activé


Depuis septembre, le plan de lutte contre la dengue est passé à la vitesse supérieure en Martinique. Rencontre avec le Docteur André Yébakima, chef du service de démoustication du Conseil Général et de l'Agence Régionale de Santé.


Fey : Vos services ont accéléré la lutte contre le moustique, porteur de la dengue en Martinique. Est-ce-que cela veut dire que nous sommes au bord d'une épidémie ?

André Yébakima : La situation est très fragile. A tout moment une épidémie peut démarrer. L'île de Sainte-Lucie en a traversé une au mois d'août, et. ici, un foyer a été signalé à Sainte-Luce. Plusieurs personnes ont souffert de la dengue, et nous avons traité une cinquantaine de maisons. La situation s'est améliorée mais des habitants ont refusé qu'on intervienne chez eux. Du coup, un nouveau cas de maladie a été déclaré ensuite.

Fey : Cela arrive t-il souvent que des habitants soient réticents au traitement de démoustication ?

A. Y. : Oui. Certains redoutent l'effet des produits chimiques sur leur santé. Pourtant, ils sont moins dangereux que les émanations des voitures, par exemple. C'est une question de santé publique, pour eux et pour toute l'île. Pour être optimal, le traitement doit être fait dans tous les logements autour du foyer.

Fey : Ces produits sont-ils réellement efficaces ?

A. Y. : Un jeune chercheur, Sébastien Marcombe, vient de réaliser une thèse sur la résistance des moustiques aedes aegypti aux insecticides en Martinique. Il a placé des cages avec des moustiques avant le passage des camions qui dispersent les produits, et il a compté ensuite ceux qui avaient été tués. Ses résultats confirment la résistance de l'insecte observée en laboratoire. Mais nous avons aussi été étonnés par les différences selon les zones : entre 20 et 60% de mortalité. On pense que cette différence pourrait être liée à l'usage habituel d'insecticides par les agriculteurs ou les particuliers. Plus on utilise de produits, et plus les moustiques développent des résistances...

On appelle donc les habitants à réduire l'usage de bombes insecticides et d'être vigilants à ne pas laisser des gîtes se développer près de chez eux. Le fait de vider les soucoupes des pots de fleurs, de changer souvent l'eau des vases, et de contrôler les citernes et les systèmes d'assainis-sement, sont encore les armes les plus efficaces pour lutter contre la maladie.`

Laure Martin Hernandez
Pour mag. Fey /nov. 2011


 

 

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Date de dernière mise à jour : 20/09/2014

 

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