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Le Miel de l'île aux fleurs

Le Miel de l'île aux fleurs

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« C'est une filière qui a de l'avenir en Martinique. Je pense que d'ici quelques années, elle va offrir des débouchés et des emplois ». Alain Lof, chargé de l'agriculture au Parc Naturel Régional de la Martinique, commente avec optimisme l'avenir de l'apiculture.

Aujourd'hui pourtant, les temps sont durs. Les producteurs de miel, professionnels et amateurs, sont au nombre de 120 en Martinique, mais seuls trois d'entre eux gagnent leur vie avec les ruches. Pour les autres, c'est une activité complémentaire, ou un loisir.

La production ne satisfait pas le marché local. La Martinique compte 200 ruches qui fabriquent 100 tonnes de miel par an alors que nous en consommons quatre fois plus (400 tonnes).

Reines de la Martinique

L'apiculture en Martinique est pénalisée par deux difficultés : d'abord, le climat tropical humide. Il favorise les parasites des abeilles et suspend le travail des ouvrières en cas de fortes de pluies ; Ensuite, la pression humaine puisque les abeilles souffrent des techniques agricoles (monoculture et usage de pesticides), de l'urbanisation et de la déforestation.

Cependant, des perspectives se dégagent. Depuis 2006, le PNRM participe à un programme autour des reines d'abeilles. L'espèce la mieux adaptée a été sélectionnée et mise en élevage. Elle est de souche « apis mellifera », issue d'une hybridation locale. Pour mieux la caractériser génétiquement, les chercheurs vont tenter d'identifier ses filiations en étudiant des abeilles prélevées chez huit apiculteurs locaux.

Glycéridias, campêche, palétuviers, ti-beaume...

« Ces recherches devraient nous permettre d'augmenter les rendements des ruches » explique Alain Lof. Car pour l'instant, en moyenne chaque essaim martiniquais produit 25 kilos de miel par an. A Cuba par exemple, la moyenne se situe autour de 40 kilos.

De plus, « si nous parvenons à identifier génétiquement nos abeilles, nous pourrions peut-être en exporter vers l'Europe. Là-bas, avec le frelon asiatique, les parasites et les pesticides, il y a un gros problème de pertes d'abeilles et les producteurs importent régulièrement des insectes. Nous pourrions peut-être expédier des essaims vivants » projette Alain Lof.

En terme de qualité, le miel de l'île aux fleurs n'a rien à envier à ceux de la Caraïbe. Il compte plusieurs variétés : glycéridias, campêche, palétuviers, ti-beaume...

La filière compte également des produits dérivés nombreux. La cire, la propolis (connue pour ses vertus anti infectieuses), le pollen ou la gelée royale... peuvent être développés.

Avis aux amateurs, la filière a du potentiel. Et c'est un beau métier : offrir, avec l'aide de la nature, un peu de douceur dans ce monde...

Pour Fey 17/ Laure Martin-Hernandez / juin 2012
Photo : Abeilles/PDPhoto

 


 

 

Commentaires (1)

1. Philippe du Rucher de l'Ours (site web) 28/06/2012

Un beau métier effectivement que celui de producteur de miel et de gelée royale.

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Date de dernière mise à jour : 03/03/2016

 

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