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Jardiner solidaire ; Des jardins créoles à l’entraide martiniquaise

Jardiner solidaire ; Des jardins créoles à l’entraide martiniquaise

phot-jardin-fey-web.jpgManger équilibré et sain, favoriser les fruits et légumes « péyi », subvenir à certains de nos besoins fondamentaux par nos propres moyens, façonner un nouveau système économique local en développant des solutions de consommation alternatives : cultiver un lopin de terre peut répondre à ces multiples attentes. Nombreux sont ceux d'entre nous qui l’avons déjà mis en pratique à la maison. En famille, entre amis ou avec des voisins, la tradition martiniquaise du jardin créole s’offre une nouvelle jeunesse.

Troc et entraide au jardin

De tout temps, les hommes qui exploitent les richesses de leur terre ont été les acteurs d'une dynamique d'échange en dehors des circuits de consommation habituels : le troc. Un voisin vient spontanément nous proposer des choux caraïbes, et repart finalement les bras chargés de citrons et d'oranges. Rien de plus simple. Et cette entraide ne se cantonne pas aux limites du potager ! Un coup de main pour la réparation d'une clôture peut donner lieu à un petit cours d'informatique ou encore au partage de confitures maison. "Les échanges de bons procédés" ne sont certes pas dominants dans notre modèle de société, mais brillent par leur diversité et leur inventivité. Tous les savoirs faire et connaissances trouvent leur place dans ce schéma, et le tissu social, familial, amical ou de voisinage, s'en trouve fortifié.

D’ailleurs, durant les épisodes de grèves ces dernières années, des formes de solidarité sont apparues. Elles se sont mises en place spontanément comme des alternatives au blocage de l'économie locale et des chemins de distribution classiques des denrées alimentaires.

Vers une réelle monnaie d'échange ?

L'idée de créer une nouvelle monnaie locale s'est développée avec la création des jardins collectifs, pilotés par l'Agence Régionale de Santé de Martinique (ARS) et un réseau associatif. Ces Jardins Familiaux sont subventionnés pour pallier au problème de la chlordécone. Ils offrent aux familles dont les terrains sont pollués, l'occasion de cultiver dans des espaces sains. Une épicerie solidaire, initiée par la Goutte d'Eau Lorrinoise, a vu le jour pour permettre le remplacement de fruits ou légumes contaminés, ou encore l'achat de produits sains à moindre coût.

Cette monnaie sociale est à l'image d'autres initiatives émergentes dans le monde. Elle ne se substitue pas à l'euro mais elle est complémentaire. Reflétant au plus près l'identité et les valeurs martiniquaises, elle propose une voie-circuit « monnayable » pour les actions d'entraide et de consommation alimentaire équilibrée. Pour le moment, les acteurs réfléchissent à une expérimentation à l'échelle des bénéficiaires des jardins familiaux, mais ils envisagent de l'utiliser plus largement pour tous les types d'échanges et pour l'ensemble de la communauté Martiniquaise.


Valérie MORRA - Fey # 18


 

Testez la qualité de vos sols
Pour tous ceux qui souhaitent s'assurer que leur terre n'est pas contaminée, il existe des solutions. Les particuliers peuvent effectuer des analyses chlordécone et physico-chimique de leur parcelle auprès de plusieurs organismes en Martinique à partir de prélèvements dans l'humus. Pour en savoir plus, se rapprocher de la Chambre d'Agriculture.

Culture adaptée selon les sols
Dans le cas où il y a contamination, soit au-dessus de 100 µg/kg de terre sèche (µg = microgrammes), il est fortement recommandé de ne pas récolter certains types de fruits et légumes. Les cultures à risques sont les légumes-racines et tubercules (dachines, gingembre…), les cultures dont la partie récoltée est en contact avec le sol (oignon-pays…), les cucurbitacées (giromon, christophine…), ainsi que les salades en plein champs. Une denrée dont la teneur en chlordécone est supérieure à 20 µg/kg est considérée comme impropre à la consommation humaine.

Jardiner raisonné
Dès qu'on évoque les produits issus du jardin, on pense à une alimentation saine. Pourtant, tout dépend du mode de culture adopté. Pour y parvenir, la devise se définit en quelques mots : enrichir et traiter naturellement la terre qui nous nourrit. La mise en place d'un composteur qui accueille les déchets végétaux et biodégradables peut y participer. Avec des cycles de maturation de six mois environ, un composteur bien entretenu peut générer une quantité suffisante pour fertiliser vos parcelles. Opter pour une lutte biologique et raisonnée contre les nuisibles et autres prédateurs peut également concourir à la qualité de vos produits. Cette démarche passe par une réduction maximale des pesticides et la protection d'espèces « utiles », comme les coccinelles, qui éliminent naturellement les indésirables. 

V.M.


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Date de dernière mise à jour : 24/09/2014

 

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