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Fey Interview / « Verre péyi » /Vers une valorisation locale de nos déchets

« Verre péyi » / Vers une valorisation locale de nos déchets

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Agnès Beyer est la Directrice d'exploitation de Martinique Recyclage, la société, qui collecte le tri des déchets ménagers effectué dans les poubelles jaunes et les conteneurs. Fey l'a rencontrée pour faire le point sur les projets de la filière.

Fey : Pourquoi avez-vous récemment investi dans une machine qui permet de broyer le verre ?

Agnès Beyer : Ce broyeur va nous permettre de valoriser localement le verre qui est collecté en Martinique. Jusqu'à présent, il était exporté vers l'hexagone ce qui coûtait cher. Nous avons choisi d'investir le prix du transport dans cet équipement. Nous pouvons donc désormais proposer aux industriels et aux artisans martiniquais ce nouveau matériau. Nous avons déjà un client qui va l'utiliser pour remplacer le sable ou le gravier dans le BTP. Et nous espérons que d'autres entrepreneurs seront intéressés dans le bâtiment, l'artisanat ou la création d'objets.

Fey : Tous les autres emballages que vous collectez sont exportés. Avez-vous d'autres projets de valorisation locale du carton, du plastique ou de l'aluminium ?

Agnès B. : Actuellement nous sommes en phase de réflexion pour le carton. Nous étudions des projets de développement pour les remettre dans le circuit local de distribution. Par ailleurs, un industriel martiniquais est en train de mettre en place une filière de récupération des bouteilles en plastique. Dès l'an prochain, il pourrait ainsi utiliser les bouteilles rapportées par les éco-citoyens pour les réinjecter dans la fabrication de bouteilles.

Fey : La collecte des emballages existe depuis 12 ans en Martinique. Etes-vous satisfaite des quantités collectées ?

Agnès B. : Non. Elles sont encore insuffisantes par rapport aux objectifs. Au total, nous collectons 5 000 tonnes par an. Cela représente moins de huit kilos par habitant. Il nous faudrait au moins trois fois plus pour atteindre les objectifs. Pour le verre par exemple, seules 20% des bouteilles sont recyclées alors que dans l'hexagone on atteint le taux de 68%. Nous avons pourtant désormais tous les équipements nécessaires pour récupérer ces ressources qui, on le sait, ne sont pas inépuisables sur la planète. Certains départements de l'hexagone sont moins bien dotés que la Martinique. Nous avons également un problème avec des erreurs de tri. Entre 25 et 30% des quantités que nous recevons, sont refusées. Il peut s'agir d'ordures ménagères non triées, d'huile de vidange, de batteries de voitures, ou encore de ferrailles encombrantes, pour lesquels d'autres filières sont prévues. Le taux d'erreur est bien supérieur à la moyenne nationale et il représente un coût. Certains déchets souillent les emballages et les rendent irrécupérables. De plus, il nous faut également assumer le prix de leur transport jusqu'à l'incinérateur.

Propos recueillis par Laure Martin


 

One, two, tri !
Dans le palmarès des plus éco-citoyens des Martiniquais, les habitants de la CACEM (Fort-de-France, Lamentin, Schoelcher et Saint-Joseph) dominent, en terme de quantité d'emballages collectée.
Les habitants du Nord (18 communes de la CCNM) arrivent en deuxième position devant ceux du Sud (12 communes de l'Espace Sud).
Ce palmarès correspond à l'ancienneté de la mise en place de la collecte sélective (2000 pour la CACEM, 2001 dans le Nord, et 2004 dans le Sud).

45 emplois
Ces déchets récoltés sont traités par l'entreprise Martinique Recyclage, du groupe SEEN. Elle comptait quatre salariés dédiés au tri en 2000. Aujourd'hui, Agnès Beyer, la directrice d'exploitation, précise que « l'entreprise représente l'équivalent de 45 emplois que nous essayons de stabiliser ».

Pour Fey 18/ août-sept. 2012 


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Date de dernière mise à jour : 20/09/2014

 

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