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« Lolos » et trémolos Pour la défense des boutiques de quartier

« Lolos » et trémolos Pour la défense des boutiques de quartier

page-10-ok-1.jpgTous ceux qui ont grandi aux Antilles gardent dans leurs souvenirs d'enfance une petite boutique de quartier. Surnommées « lolos » en Guadeloupe, ces épiceries de proximité étaient parfois des gourbis obscurs devant lesquels s'étalaient de gros sacs de riz et de lentilles, mais elles s'apparentaient aux yeux des enfants, à de véritables cavernes d'Ali Baba.

Ces boutiques étaient des lieux incontournables du quartier où se croisaient les voisins venus y trouver du pain, de l'huile, le journal, et parfois où ils partageaient un feu.

Forte densité commerciale

Jusqu'aux années 1960, avec les marchés, ces boutiques étaient les seuls commerces alimentaires des Antilles. Puis, le premier supermarché martiniquais, un Prisunic, a ouvert ses portes en 1957 à Fort-de-France. Douze ans plus tard, l'île découvrait le premier hypermarché, un Mammouth. Et le pli était pris. Dans les années 1980 et 1990 plusieurs centres commerciaux (Places d'Armes, la Galléria, le Rond Point, Batelière...) sont sortis de terre à un rythme rapide. En 2007, un inventaire de la Direction départementale de la concurrence révèle que la Martinique est particulièrement bien dotée en surfaces commerciales. L'île compte alors 443m2 de commerces pour 1000 habitants, plus de 100m2 de plus que la moyenne hexagonale (307 m2/1000 hab).

Écololos

Avec leurs arguments puissants, ces temples de la consommation auraient pu tuer les boutiques de quartier. Finalement, nombre d'entre elles ont survécu. Car, on l'a vu pendant la grève générale de 2009, les « lolos » continuent à démontrer leur utilité.
Premier argument : leur proximité. Les centres commerciaux se sont concentrés autour de l'agglomération foyalaise contribuant à compliquer la circulation routière sur la RN5 et sur la rocade. Les boutiques de quartier permettent d'éviter les embouteillages. Elles proposent également de nombreux produits locaux. Car si la grande distribution se félicite d'avoir contribué au développement de l'industrie agroalimentaire antillaise, les boutiques ont généralement un réseau de fournisseurs agricoles de proximité qui ne pourraient pas toujours répondre aux besoins des grandes surfaces. Deux arguments qui font des boutiques une option plus écologique.

Le débit fait crédit

De même, les boutiques présentent un intérêt non négligeable pour leurs clients habituels : elles offrent parfois des facilités de paiement, inimaginables à la caisse des grandes surfaces. Mais la grande distribution continue de se développer. Ces dernières années, plusieurs centres commerciaux ont été ouverts en communes (Robert, Ducos...) et leur implantation dans le centre n'est pas terminé. Tout près de la Galléria, un projet d'envergure se prépare. Un permis de construire d'un centre commercial de 35 000 m2 a été déposé. Le site, autrefois inondable, est l'un des derniers pâturages qui bordent l'autoroute. Les vaches devront aller brouter ailleurs. Et nous, les consommateurs, où irons-nous ?.

Laure Martin

Les boutiques en chiffres... Dans le fichier des entreprises tenu par la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Martinique, les boutiques de quartier peuvent apparaître dans trois catégories :  les commerces d'alimentation générale, les superettes et les commerces de détail en magasin non-spécialisé. Au total, la Martinique compte 383 de ces commerces dans la catégorie des moins de 4 salariés.
Parmi eux, 231 ne comptent aucun salarié.


 

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Date de dernière mise à jour : 30/09/2014

 

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