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Des enquêteurs dans nos assiettes

Des enquêteurs dans nos assiettes

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Depuis début septembre, 80 enquêteurs s'intéressent de très près à nos habitudes alimentaires. Ils mènent l'enquête « Kannari » en Martinique et en Guadeloupe. Objectif : mieux connaître notre alimentation, mais aussi évaluer précisément la quantité de chlordécone et d'autres toxines que nous avons dans le corps.

« L'élément déclencheur a été le chlordécone, mais il s'agit plus largement d'une vaste enquête sur la santé et l'alimentation des Antillais » prévient Alain Blateau, ingénieur épidémiologiste à la CIRE (Cellule de l'Institut de Veille sanitaire en Région) des Antilles et de la Guyane.

Analyses biologiques et chimiques

Au total, 5 000 personnes ont été tirées au sort (2 500 dans chaque île) sur la base du recensement de l'INSEE. Elles vont recevoir la visite d'enquêteurs à leur domicile, puis deux entretiens téléphoniques pour détailler leurs consommations alimentaires récentes. Les personnes suivies devront également fournir des prélèvements (sang, urine, cheveux...) Des analyses biologiques seront réalisées localement pour mesurer le taux de cholestérol, les glucides, vitamines etc. Elles permettront d'orienter les politiques de santé publique sur le diabète et l'obésité notamment.

De plus, et c'est une première, des analyses chimiques sont prévues. Des prélèvements seront envoyés en Europe pour déceler la présence de chlordécone, mais aussi d'autres pesticides, de métaux lourds, de dioxine... Ces données sont très attendues car elles seront les premières à mesurer l'imprégnation des habitants aux pollutions environnementales.

« Au fur et à mesure »

Les résultats sur les mesures de chlordécone ne devraient pas être connus avant un an et demi. « Un seul laboratoire dans le monde est capable de le faire. Il est situé en Belgique. Il est très sollicité et il ne pourra pas débuter les analyses pour nous avant la fin de l'année 2014 » explique Alain Blateau.

Quant aux autres analyses chimiques, elles se feront « au fur et à mesure que les financements seront débloqués » précise l'ingénieur. Pour l'instant, seules les mesures de chlordécone ont trouvé leur budget dans le cadre du 2ème plan national de lutte contre le pesticide toxique. Dans l'attente des autres fonds, des prélèvements seront stockés dans la biothèque du CHU de Martinique. « Ces données suscitent l'intérêt général, de la part de la puissance publique, des politiques locaux, de l'opinion... donc je ne doute pas que nous trouverons des financements » prédit Alain Blateau.

Souhaitons-le, car effectivement, ça nous intéresse !

Laure Martin-Hernandez
Pour Fey 22/ oct. 2013
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Du Chlordécone dans le steak
Le plan chlordécone lancé en 2007 donnait le coup d'envoi d'une quête de la présence du pesticide cancérigène dans les produits de l'alimentation humaine.
Des analyses étaient multipliées dans l'eau potable, dans les produits de l'agriculture maraîchère et vivrière, dans la pêche, mais aussi dans la viande.

Les services de l'Etat tiennent à informer les consommateurs
Protéger, étudier, prévenir, surveiller.

Dossier chlordécone
Pour faire face à la persistance de la molécule de chlordécone dans certains de nos sols, le Plan chlordécone a été mis en place en 2008.


 

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Date de dernière mise à jour : 23/09/2014

 

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