Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

Sûre, l'alimentation martiniquaise ??

Sûre, l’alimentation martiniquaise ??

mais-web-ketty-1.jpgMalbouffe, présence de bactéries, de pesticides, tromperies sur la marchandise, OGM... Les scandales alimentaires sont nombreux et nourrissent l'inquiétude sur le contenu de nos assiettes.

Comment notre alimentation est-elle contrôlée en Martinique ?

Ici, deux services de l'État se partagent la surveillance de la qualité des denrées proposées au public : la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), et la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et des forêts (DAAF). Selon les missions, ils peuvent travailler en collaboration avec la douane, l'Agence régionale de santé, la Direction de la mer etc. Les agents et inspecteurs peuvent contrôler toutes les denrées proposées au public, y compris dans les restaurants. Une tâche titanesque aggravée localement par la pollution au chlordécone.

Producteurs responsables

Mener des analyses sur tous les produits alimentaires qui sont proposés à la vente en Martinique est matériellement impossible. Les effectifs ne le permettent pas (40 agents dédiés au Service alimentation de la DAAF et une dizaine à la DGCCRF), et les analyses, réalisées en Europe, sont coûteuses.

Le producteur (ou l'importateur) est responsable de la qualité de son produit.Chaque éleveur ou agriculteur doit conserver des traces des produits chimiques qu'il utilise ou des étiquettes de l'aliment qu'il a donné à son bétail. La viande locale est estampillée par un agent présent à l'abattoir. Les terres agricoles subissent la recherche de chlordécone. De même, les importateurs doivent s'assurer de la conformité des marchandises qu'ils font entrer. Les oranges de Saint-Domingue ou le raisin du Chili sont contrôlés par sondage. « Nous envoyons plusieurs milliers d'analyses chaque année, et nous avons très peu de résidus de pesticides détectés sur les importations » assure Jean Iotti, le Directeur du Service alimentation de la DAAF.

Plantations, marchés, supermarchés...

En bout de chaîne, des contrôles aléatoires sont effectués. Des agents parcourent les exploitations, les marchés, les supermarchés, les restaurants et les cantines et réalisent des prélèvements de produits locaux ou importés. En cas de problème, les autorités peuvent décider d'engager des poursuites et de retirer le produit de la vente, quand les délais le permettent.

En terme de sécurité alimentaire, « la Martinique est un petit territoire au moins aussi bien quadrillé que la métropole » assure Jean Iotti. L'île connaît toutefois une spécificité locale : l'importance du secteur alimentaire informel. Malgré les menaces de sanction, des bœufs sont encore tués sous le manguier et des jardiniers productifs vendent une partie de leurs légumes à des connaissances. À moins d'un flagrant délit, ces produits échappent à tout contrôle.

Laure Martin-Hernandez/ Pour Fey mag. 22/ oct. 2013
Peinture : Ketty Isaac
..................................................

A lire aussi :
Des enquêteurs dans nos assiettes
Depuis début septembre, 80 enquêteurs s'intéressent de très près à nos habitudes alimentaires. Ils mènent l'enquête « Kannari » en Martinique et en Guadeloupe. Objectif : mieux connaître notre alimentation, mais aussi évaluer précisément la quantité de chlordécone et d'autres toxines que nous avons dans le corps.


 

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 23/09/2014

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK