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Des requins dans nos eaux

Des requins dans nos eaux

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Rencontre avec Stéphane Jérémie, océanographe

Multiplication des attaques dans la mer Rouge ou à la Réunion, actions contre la pêche industrielle aux ailerons…, les requins s’invitent dans l’actualité.
Pour savoir ce qu’il en est chez nous, Fey a rencontré Stéphane Jérémie, océanographe, cétologue, et président de l’association SEPANMAR (Société pour l’Etude, la Protection et l’Aménagement de la Nature à la Martinique).

Fey : Est-ce qu’il y a des requins près de nos côtes ?

Stéphane Jérémie : Oui. Aucune étude scientifique de recensement n’a été menée mais nous savons qu’on trouve ici plusieurs espèces de requins. Certaines sont considérées comme dangereuses comme le requin bouledogue, le requin tigre, le requin taureau, ou le requin mako. On trouve aussi des espèces de récifs comme le requin citron ou le pointe noire. Tous sont des animaux sont susceptibles de s’approcher des côtes.
En 2010, des pêcheurs avaient harponné deux requins taureaux aux Anses d’Arlet. La même année, un requin mako s’était perdu dans la mangrove du Marin. Il était probablement malade, désorienté.

Les grands requins vivent au large. Quand les pêcheurs en croisent, c’est souvent près des dispositifs de concentration de poissons. A la SEPANMAR, il nous arrive d’en voir lors des campagnes d’observation des cétacés. Par exemple, les requins tigres accompagnent souvent des groupes de globicéphales pour une question de stratégie de pêche. Ils se nourrissent des débris des proies des dauphins.


Fey : Des attaques ont-elles été remarquées ?

S. J. 
: Non. Ici, les animaux présentent un risque minime. Même à l’échelle de la planète, on compte en moyenne dix morts par an, ce qui est très faible par rapport aux millions de personnes qui vivent sur le littoral.

Dans la mer des Petites Antilles, il y a probablement peu de requins, même si, en l’absence d’études, on sait très peu de choses sur eux. La concentration de requins dans la Caraïbe doit être bien moins importante que dans l’Océan Indien, autour de la Réunion, où le nombre d’attaques augmente. Cependant, le risque n’est pas nul. Pour les plongeurs, il faut observer des règles de sécurité. Mieux vaut éviter de plonger au lever ou au coucher du soleil, car les requins chassent la nuit.

De même, on sait que pour s’alimenter, ils affectionnent les eaux turbides où des courants soulèvent les sédiments des fonds marins, sur des plateaux de moins de 50 mètres de profondeur. Dans ces zones-là, il faut faire attention, mais les requins ne représentent pas un problème de sécurité pour la population.


Fey : Y’a t-il des pratiques de pêche industrielle de requins dans la région ?

S. J. : Non, je n’ai pas eu connaissance de telles pratiques dans la mer des Caraïbes. Que je sache, la zone la plus proche où une pêche industrielle aux ailerons de requins est organisée, est le Costa Rica, mais du côté de l’Océan Pacifique.

Ici, dans la Caraïbe le requin n’est pas pêché en masse.


Propos recueillis par Laure Martin pour Fey 19/nov. 2012

 

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Date de dernière mise à jour : 28/10/2014

 

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