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Préserver pêcheurs et poissons

Préserver pêcheurs et poissons / Du nouveau dans la politique européenne ?

 

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Comment faire cohabiter de manière raisonnée : les activités de pêche dont dépendent les pêcheurs et les communautés du littoral pour vivre, et la protection des écosystèmes de nos océans ?

La réforme de la politique européenne de la pêche, initiée depuis juillet 2011, est en marche. La Politique Commune de la Pêche (PCP) va proposer de nouvelles dispositions qui entreront en vigueur dès 2013. Ces dernières sont actuellement en discussion au sein du Parlement et Conseil Européen. La réforme s'appuie sur un constat alarmant, relayé par l'ensemble de la communauté scientifique du globe : la raréfaction de nos ressources marines. On estime que les trois quarts de nos stocks halieutiques sont aujourd'hui surexploités. Les espèces ne se reproduisent pas assez rapidement pour assurer un renouvellement stable de leur population.

Adaptations locales

Les réglementations européennes visent à réguler la surpêche, provoquée en premier lieu par les bateaux industriels, et ont vocation à s'appliquer à tous les Etats Membres.

Mais de l'Europe à la Martinique, la réalité est bien différente! C'est ce que soutiennent le ministre chargé des Outre Mer Victorin LUREL, et les sénateurs martiniquais Maurice ANTISTE, Charles REVET et Serge LARCHER. Dans un proposition de résolution européenne en date du 31 mai 2012, ils réclament que la PCP, pour être profitable, prenne en compte les spécificités des pêcheries locales des RUP (Régions Ultrapériphériques Françaises).

Une pêche artisanale

Le contexte martiniquais présente une pêche exclusivement artisanale, où l'on compte une majorité d'embarcations de petites tailles. En 2010, on dénombrait 887 armateurs, pour 1106 bateaux enregistrés (sources Ifremer). Les points de débarquements sont très nombreux, mais ne sont pas répartis de la même manière sur toute l'île. La commercialisation des produits de la pêche s'effectue surtout en vente directe, souvent sur les sites de débarquement. La pêche concerne principalement deux types de ressources : les ressources côtières et les ressources pélagiques.

Espèces côtières ou pélagiques

Les espèces côtières, telles que les "poissons rouges", le lambi, le chatrou, ou encore la langouste, sont présentes sur le plateau insulaire, sur des fonds inférieurs à 100 mètres. Accessibles, elles font face à une très forte pression de pêche, et ce depuis des décennies. Pour les pêcheurs équipés de petits bateaux, la pêche sur cette zone peu éloignée des côtes est plus aisée, d'autant que les frais d'essence pour s'y rendre sont limités.

Les ressources pélagiques, quant à elles, sont dites partagées du fait de leur migration dans l'espace régional ou international. Il s'agit de grands pélagiques, marlins bleus, thons noirs, thons jaunes, voiliers et bonites, qui se situent au large, dans le Grand Bleu. Elles semblent constituer les richesses marines exploitables pour l'avenir sur notre île.

L'installation de Dispositif de Concentration de Poissons (DCP), expérimentée en Martinique, paraît être une alternative intéressante pour capturer des espèces du large moins exploitées, et ainsi soulager les ressources côtières. En 2012, 12 nouveaux DCP collectifs publics ont été mis à l'eau, 10 par le Conseil Régional , et 2 par l'Espace Sud.

poisson-p-2.jpgPoissons sous surveillance...

Pour soutenir la mise en œuvre des politiques publiques vers une pêche durable et responsable, une bonne connaissance de la situation est essentielle. Elle s'accomplit à l'aide de systèmes d'observation, qui collectent des renseignements biologiques (espèces, tailles, sexes) et économiques (nombre de personnes enrôlées, coût de la sortie, commercialisation, rentabilité). Le recueil rigoureux de ces informations permet de réaliser un état des lieux de la filière, et d'analyser la stabilité des stocks exploités. Ce travail est réalisé en Martinique, notamment par la station Ifremer à travers l'action du SIH (Système d'Information Halieutique). Accompagné de recommandations scientifiques pour pérenniser l'activité de pêche, ce diagnostic sera ensuite porté aux niveaux national et européen. Dans la réforme actuelle de la PCP, l'Europe prévoit d'ailleurs de rendre obligatoire à ses Etats Membres, la collecte, l'entretien et la transmission de données scientifiques.

Valérie MORRA pour Fey 19/ nov. 2012


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Date de dernière mise à jour : 30/09/2014

 

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