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Suspension de l'épandage aérien en Guadeloupe et en Martinique

Suspension de l'épandage aérien en Guadeloupe et en Martinique

Les tribunaux administratifs pulvérisent les dérogations
Les opposants à l’épandage aérien de pesticides aux Antilles ont célébré deux belles victoires en octobre : la suspension, coup sur coup, des arrêtés préfectoraux autorisant cette pratique agricole, en Guadeloupe puis en Martinique, par les tribunaux administratifs des deux juridictions.

Deux recours

En Guadeloupe, le recours avait été déposé par Harry Durimel, fondateur des Verts de l’île et avocat de profession. En Martinique, il était porté par Josianne Jos-Pélage, présidente de l’AMSES, Association Médicale pour la Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé, et médecin de profession (cf interview dans Fey 17).
L’autorisation de l’épandage aérien de pesticides, interdite par principe dans l’Union Européenne, avait provoqué des réactions de mécontentement dans les deux îles. Une pétition a été lancée, et en Martinique, depuis le mois de juillet, des manifestations et des marches ont été organisées. La dernière a eu lieu, aux flambeaux, dans la soirée du 2 octobre au Lamentin.

« Une erreur de droit »

Ces décisions judiciaires ne signent toutefois pas la mort de la pratique de l’épandage aérien. En Guadeloupe, Victorin Lurel a commenté sévèrement la décision du tribunal devant des Conseillers régionaux. Pour lui « c’est une erreur de droit et l’Etat fera appel ». Le ministre des Outremers a évoqué « une catastrophe pour les bananiers » et a assuré que « le Préfet va prendre un autre arrêté ».

Le banole banni

En Martinique, les planteurs de banane et la Préfecture avancent une interprétation restrictive de l’ordonnance rendue par le Tribunal administratif de Fort-de-France le 9 octobre. Une substance est mise en cause par le juge : le banole, une huile d’hydrocarbure utilisée comme adjuvant, pour renforcer l’action du pesticide. L’AMSES le soupçonne d’être cancérigène. Les planteurs ont annoncé qu’ils allaient mener des opérations d’épandage aérien avec un autre adjuvant. Selon eux, aucun autre moyen ne permet de lutter contre la cercosporiose du bananier qui menace la première production agricole des deux îles…

Laure Martin
Fey 19/ octobre 2012

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Date de dernière mise à jour : 10/10/2014

 

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