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La culture de la culture

La culture de la culture

Fey rub p13Co-présence n’est pas interaction.

C'est en 1992, au 3ème Sommet de la terre, à Rio de Janeiro au Brésil, que le terme de « développement durable » a été consacré. L'objectif de ce développement dit durable était de définir des scénarios viables qui concilient les 3 aspects écologique, économique et social des activités humaines.


Ces trois piliers devaient être pris en compte par les collectivités comme par les entreprises et les individus (l'État, le Marché et la société civile), pour trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces 3 enjeux. « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins » (Rapport Brundtland).

Depuis, le concept a été largement médiatisé auprès du grand public.
Cependant, 20 ans après, le monde s'est inexorablement complexifié et les 3 dimensions définies comme « piliers » ont été insuffisantes (même si elles ont eu le mérite d'exister) pour rendre opérante la durabilité du développement.

En effet, la crise écologique et sociale à laquelle nous assistons ces dernières années, interroge l'acuité du développement durable ; car on constate la raréfaction des ressources naturelles, les écarts importants entre pays développés et pays en développement, les catastrophes industrielles, la déforestation massive, la croissance chronique de la population mondiale, les effets du changement climatique....

Il y aurait comme une prévalence du « pilier économique » placé adroitement au-dessus des piliers, social et environnemental. Et qu'en est-il de la Culture ? Dimension oubliée ? Sacrifiée sur l'autel des intérêts économiques et de la performance mondiale ?

Aujourd'hui, le Développement Durable ne doit pas se retrouver orphelin de la dimension culturelle, car c'est elle qui donne du sens à la durabilité.

Le développement culturel est sans nul doute une réponse en même temps qu'une issue réaliste à la crise de sens et de lien que nous vivons. Nous nous devons de créer les conditions d'émergence et de maintien d'une culture forte, motrice du développement économique.

En fait, une culture qui prenne le contre-pied d'un modèle actuel qui la laisse à l'ombre sans la penser comme un vrai moteur du développement. Trop souvent, la culture est associée aux loisirs voire au sport, dans une sorte de fourre-tout mollement consensuel, dont personne n'est dupe.

En tous cas, à la Martinique, il faut saluer le bond en avant culturel de ces dernières années où l'on a vu émerger dans tous les domaines, une réelle impulsion culturelle, d'ailleurs souvent clairement affichée dans les programmes politiques (gastronomie, artisanat, musique, littérature, arts plastiques, langue, formations aux métiers des arts et du spectacle, éducation culturelle dans les écoles, valorisation du patrimoine...),

Cependant, l'heure n'est plus à la prise de conscience, mais bel et bien à l'action ou plutôt à la co-action, l'action de faire de la culture un véritable levier de développement économique et social.

Pour cela il est nécessaire de passer de la simple co-présence des initiatives culturelles à une interaction pensée des expressions entre elles, à une coordination volontariste de tous les aspects de notre culture.

A terme, l'enjeu étant de Penser Culture Agir Culture.
Les formes d'expression culturelles n'appartiennent ni à la Droite ni à la Gauche. Elles doivent être une préoccupation permanente à la fois des décideurs et des citoyens, tous convaincus de la place centrale qu'elles occupent dans la régulation de nos espaces de vie...

Djibril BANE Psychologue Social Environnementaliste
Pour Fey 24/ avril 2014


 

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Date de dernière mise à jour : 22/09/2014

 

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