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Résilience et gestion des risques : sommes-nous prêts ?

Résilience et gestion des risques : sommes-nous prêts ?

Poteaux webLes changements climatiques, induits par l'activité humaine, semblent contribuer à l'apparition de phénomènes météorologiques de plus en plus violents (ouragans, inondations torrentielles, glissements de terrains, etc).

Ces aléas impactent des zones jadis naturelles, mais aujourd’hui urbanisées. De plus, d’autres aléas naturels qui ne sont pas liés à l’activité anthropique (séismes, tsunamis), peuvent engendrer des dégâts, d’autant plus importants que les territoires sont fragiles. Tous ces aléas majorent la vulnérabilité des micros systèmes  insulaires.

L’éloignement de la Martinique des centres de décisions est d’autant plus préoccupant, que ces dernières années l’Etat a revu le positionnement et le fonctionnement de ses administrations déconcentrées, dans le but d’effectuer des économies. Cela s’est traduit, par exemple, par la fermeture de bases militaires (de l’armée de l’air et de terre). Ceci pourrait potentiellement allonger les délais d’interventions en cas de crises majeures.

Le comportement actuel des populations est également un critère à prendre en compte, car les changements de modes de vie et l’éclatement des structures familiales, ont modifié la perception du risque. Les populations comptent aujourd’hui beaucoup plus sur la puissance publique qu’elles ne le faisaient auparavant.

La financiarisation des aléas naturels est aussi un facteur à ne pas négliger. Les assurances remboursent certes beaucoup plus et beaucoup plus vite que par le passé, mais les difficultés économiques des dernières décennies ont entraîné une réduction de la couverture assurantielle des entreprises et des particuliers.

Face à ce constat, que faire ?

Les institutions territoriales se doivent de mettre en place un système de gestion de crise adapté à leur environnement. Les modèles de prévisions opérationnels doivent être régulièrement testés pour s’assurer de leur pertinence ; les retours d’expériences doivent être appréhendés avec sérieux. Ce sont des sources d’informations susceptibles de sauver des vies. Enfin, les acteurs du secours devraient bénéficier d’équipements et de formations adaptés, afin d’être totalement efficaces au quotidien. 

Le citoyen se doit aussi d’être l’acteur de sa propre sécurité, et ne pas laisser à la seule puissance publique le soin d’apporter des réponses. D’où l’importance de la constitution de « kits de premiers secours » permettant aux populations potentiellement sinistrées d’attendre des heures, voire des jours, avant d’être secourues.

Des cycles de formation doivent aussi être organisés à tous les niveaux de la société, afin de garantir une parfaite aptitude au secours. Comme le prévoit un décret du 11 janvier 2006, une sensibilisation à la prévention des risques, aux missions des services de secours, ainsi qu’un enseignement des règles générales de sécurité devraient être dispensés au collège, puis étendus au lycée et à l’université.

Les associations de quartiers, les organisations professionnelles, religieuses… sont autant de vecteurs qui peuvent favoriser la prise de conscience collective et permettre de mieux préparer les populations, et donc de réduire le risque. Il convient donc de s’appuyer sur elles…

Jean-Claude Morteau, Pascal Saffache
Pour Fey Mag. / avril. 2014

Lire aussi : La tribune des Antilles/ Dossier : 29 nov.07/Un séisme utile ?


 

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Date de dernière mise à jour : 27/10/2015

 

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