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Les forêts martiniquaises : un riche patrimoine

Les forêts martiniquaises : un riche patrimoine

Montagne coupe e st 1Avant l’arrivée des Européens au XVIIème siècle, la forêt recouvrait l’intégralité du territoire martiniquais. Aujourd’hui, elle n’est plus présente que sur la moitié de l’île.

Déjà, la colonisation s’est accompagnée d’une déforestation massive, surtout dans le Nord. Sur les pentes fertiles de la Montagne Pelée, les colons ont fait table rase pour développer les cultures de tabac, de cacaoyers puis de canne à sucre. Les arbres de la Martinique ont également été surexploités pour construire les bâtiments, pour fabriquer du charbon, et pour être exportés. Les bois durs des tropiques étaient des matériaux très appréciés dans le monde, notamment pour réaliser les traverses des chemins de fer. 

Les excès ont été tels qu’au début du XXème siècle, la Martinique souffre d’un manque de bois. En 1903, un service forestier local est crée. Il lance une politique de reboisement en menant des plantations de mahoganys grandes feuilles (ou acajous du Honduras), une essence choisie pour la qualité de son bois, mais aussi pour la rapidité de sa croissance. 

Utilité publique

Le défi de la préservation est en effet important. Les arbres fournissent alors une matière première essentielle au développement économique. D’une manière plus durable, ils permettent de retenir la terre (notamment sur les sols pentus ou la zone littorale rongée par l’érosion), ils nourrissent l’humus, ils favorisent la quantité et la qualité des eaux disponibles, et ils hébergent une biodiversité exceptionnelle reconnue au niveau mondial. Les arbres abritent des oiseaux, des mammifères, des rongeurs et de multiples insectes. Par leurs feuilles tombées au sol, leurs rameaux et leurs racines, les arbres nourrissent également de nombreuses plantes qui poussent sous leur ombrage. Dans la Caraïbe, l’exemple haïtien témoigne des ravages provoqués par la déforestation excessive. 

Aujourd’hui en Martinique, l’hémorragie forestière semble avoir été contenue grâce à la protection d’espaces naturels. La forêt humide des pitons du Carbet, celle de la montagne Pelée ou encore la forêt sèche de la presqu’île de la Caravelle ont été mises à l’abri. 

56 espèces en danger

Cependant, tout n’est pas encore gagné. 56 espèces d’arbres sont en danger d’extinction dans l’île, et la Martinique abrite 12 espèces en danger d’extinction mondiale. Certains milieux forestiers comme la mangrove, essentielle pour la protection du littoral et la filtration de la pollution, ont été durement atteints et restent soumis à de fortes pressions. La plus grande menace concerne l’urbanisation. La très forte densité de la population dans l’île a généré des problèmes de foncier et la quête constante de nouveaux espaces à gagner sur la nature. 

L’arrivée d’espèces extérieures présente également un risque. Depuis l’arrivée des Européens, de nouvelles essences ont été introduites. Comme le cocotier et l’arbre à pain, des dizaines d’arbres ont été importées du Pacifique ou d’Asie. Certains sont envahissants comme le tulipier du Gabon contre lequel un plan de lutte a été lancé en Guadeloupe. L’arbre, à la floraison spectaculaire, a été planté à des fins ornementales. Il prospère aujourd’hui au détriment d’espèces endémiques.

Dans son jardin aussi, mieux vaut donc planter local…

La filière bois La reforestation engagée dès le début du XXème siècle en Martinique a permis de maintenir et de développer un secteur économique. Aujourd'hui, d'après l'Office national des forêts, la filière bois occupe 1 700 personnes dans l'île. 650 entreprises, en majorité de petite taille mènent des activités d'exploitation forestière, de scierie, de menuiserie ou d'ébénisterie. Le chiffre d'affaire global est estimé à 122 millions d'euros.

L. M-H
Pour Fey 25/ mai-juin 2014


 

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Date de dernière mise à jour : 29/10/2014

 

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