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Rats dans les villes et rats dans les champs

Rats dans les villes et rats dans les champs

Le rat est l’un des animaux qui a été le plus combattu par l’humanité. Parasite, mangeur de fruits et de récoltes, vecteur de maladies, ce rongeur aurait justifié la domestication de son prédateur, le chat, et la création de nombreux poisons. Pourtant, il est toujours là... En Martinique, les autorités réfléchissent à de nouveaux moyens pour lui faire la guerre.

Le rat okok

La Martinique a toujours abrité des rats. L'espèce endémique, le piloris ou rat musqué, s'est éteint, mais d'autres rongeurs, probablement sortis des navires européens, l'ont supplanté. La présence du rat est problématique car l'animal cause des pertes économiques dans l'agriculture et représente surtout un problème de santé publique. Dans ses urines, il transporte une bactérie qui provoque une maladie grave : la leptospirose.

Chaque année, plus d'une cinquantaine de cas sont enregistrés en Martinique (et une centaine en Guadeloupe). En moyenne, entre une et trois personnes décèdent chaque année dans notre île. La leptospirose, difficile à diagnostiquer, se manifeste brutalement par de fortes fièvres, des frissons, des douleurs musculaires et articulaires et un épuisement général. Les premiers symptômes ressemblent à ceux du chikungunya et de la dengue alors que les traitements médicaux sont différents.

Dératisation généralisée

Depuis des décennies, chaque année en Martinique, deux campagnes de dératisation généralisée sont menées. Elles sont d'abord dirigées vers les cultures agricoles pour éviter les pertes. Des opérations régulières ont également lieu sur les ilets de Sainte-Anne, classés réserve naturelle, pour protéger les œufs des oiseaux marins. Les mairies mènent parfois des opérations ponctuelles et les particuliers peuvent acheter pièges et poisons dans les magasins. Malgré cette lutte à mort, le rat prospère et les autorités s'interrogent.
Une étude de densité de rongeurs par rapport à l'environnement a été menée en Martinique. « Nous pensions que nous en trouverions plus dans les zones commerciales ou dans les quartiers un peu insalubres » explique Gérard Thalmensi, ingénieur sanitaire à l'Agence régionale de santé. « En fait, là où les rats sont les plus nombreux, ce sont dans les quartiers résidentiels où les habitants ont des fruits qu'ils ne cueillent pas toujours, et où les rats trouvent des abris dans la végétation ».

Anti-coagulant

Face à l'animal, difficile de ne proposer que la réponse chimique. La mort-aux-rats est un puissant anti-coagulant qui ne tue pas que les rongeurs. Les animaux domestiques, sauvages et les êtres humains peuvent périr aussi s'ils en consomment. Le mieux est donc d'éviter les déchets près de chez soi et d'éviter de laisser pourrir ses fruits. Des conseils d'autant plus utiles en ces temps d'épidémie de chikungunya, car ils peuvent aussi éviter de créer des gîtes à moustiques.

L. M-H
Pour Fey n°25 /mai/juin 2014


 

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Date de dernière mise à jour : 22/09/2014

 

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