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Les vertus des « mauvaises herbes »

Les vertus des « mauvaises herbes »

Mauvaises herbes, adventives... que de vilains mots pour parler de nos plantes pionnières  !

Loin d'être inutiles ou nuisibles, toutes les plantes, sans exception, jouent un rôle de capteur et de producteur d'énergie. Elles transforment l'énergie solaire, cosmique, en énergie nutriment indispensable à toute la chaîne du vivant.

Certaines plantes dites «mauvaises  herbes» sont comestibles pour l'homme. C'est le cas du pourpier.
Cette succulente, riche en antioxydant oméga 3, est l'une des plus anciennes plantes potagères. Elle prolifère sur les terrains nus en Martinique.

PourpierD'autres plantes non cultivées, comme les herbes de Guinée, sont riches en azote (3,4%) et nourrissent le bétail. Comme de nombreuses graminées, elles peuvent alimenter des élevages en bergerie.
D'autres plantes protègent et nourrissent la vie du sol comme le tithonia diversifolia, capable d'augmenter significativement les récoltes en se substituant aux engrais chimiques, tout en agissant en répulsif naturel sur de nombreux ravageurs.

Des plantes utiles

Les herbes folles permettent de créer des compostes énergétiques quand elles sont associées aux résidus de paillage et de fumier des bergeries, aux broyages ou aux coutelassages des végétaux (engrais organiques). Il suffit pour cela de les disposer au pied des plantations des forêts-jardins.

Ces «  mauvaises herbes  » peuvent donc offrir de précieuses ressources à la terre mais pour en profiter, notre posture doit changer. Plus de défoliants chimiques, plus de mécanique thermique coûteuse en énergie, plus de désherbage éreintant. Nos gestes doivent être dans la modération, concentrés sur de fructueuses récoltes de fourrages, de plantes médicinales, ou de végétaux pour amender le sol.

Une vie diversifiée
Le Pourpier
Aucune plante cultivée n'aura autant de résistance et de rapidité de croissance que la végétation spontanée. Dans la chaîne du vivant, le rôle de ces espèces des friches est de préparer le sol pour le retour à une vie diversifiée. En Martinique, nous avons comme exemple les bois canons et le ricin, si toxique qu'il peut être utilisé comme répulsif (mais attention aux chiens qui sont facilement intoxiqués par les graines). À terme, leur présence aboutit immanquablement au retour des complexes forestiers d'une richesse et d'une résilience inimitables. Au lieu de cela, la règle dominante est d'isoler des espèces dites productives et de les cultiver en nombre sur des zones de cultures interdites aux espèces spontanées.
La pratique de la monoculture est en contradiction avec les règles fondamentales de la vie. Dans nos jardins et dans nos cultures, nous devrions être bien plus attentifs à ces règles car elles nous seront vitales.

Permaculture

De ces plantes spontanées dépendent beaucoup d'espèces, qui au final au travers de la chaîne alimentaire capitalisent ces trésors d'énergie nutriment qui finiront ou non dans nos assiettes.   Voici pourquoi notre choix de culture se porte sur des modèles associant plusieurs espèces sur des plantations permanentes. On parle de permaculture ou forêts-jardins, en référence à l'autonomie nourricière des forêts. Dans ce modèle, la terre ne doit pas être mise à nue, et les « mauvaises herbes » ont leur rôle à jouer. Elles nous épargnent de grosses dépenses énergétiques et elles protègent la biodiversité en conservant au maximum les niches écologiques des espèces auxiliaires (papillons, abeilles, coccinelles, libellules, guêpes... et la faune du sol).

Tithonias diversifolias siteLe tithonia diversifolia

H. Damico & L. M-H


 

Commentaires (1)

1. Marie-Hélène BOUTON 20/04/2015

Ecobonjour,

Vous avez dit, mauvaises herbes ?

Mais papillons divers autour
Mais mille êtres vivants autour

Pour le plaisir des yeux
Pour le plaisir des rêves d'enfance

Quand à hauteur on pouvait observer
Quand pour les soins on les tirait par leurs vertus

Mais verdure et fleurs tout autour
Mais fraîcheur et protection du sol

Pour combler la solitude du regard
Pour combler la solitude de l'esprit

Quand de voir l'esprit agréablement vagabonde
Quand de retrouver, d'observer, l'être s'éveille.

Vous avez dit, mauvaises herbes ?

Mais d'exister pour nous,
Mais surtout et naturellement, d'exister pour elles-mêmes.

Surprise d'une corolle, surprise d'une graine
Surprise d'une feuille, surprise d'un mouvement
Mais surtout exister pour elles-mêmes, pour la Nature, naturellement.

BIODIVERSITE
Espèces, milieux, relations, interrelations, interdépendance.

BIODIVERSITE
Multiple, Trop d'inconnues, Tout compte.

Vous avez dit mauvaises herbes ?
Chez vous ? Chez moi ? Chez l'autre ?
Quelles connaissances ?
Et de découvertes ? Et d'échanges ? Et de mutualisations ?

Et si demain... ?
Alors dès aujourd'hui...

Mauvaises herbes...

Marie-Hélène BOUTON

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Date de dernière mise à jour : 11/04/2015

 

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