Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

« IL RESTAURE MON AME »

« IL RESTAURE MON AME »

 

ITotem tribunel semble admis aujourd’hui pour tout le monde que la préservation de notre Environnement constitue un enjeu majeur en même temps qu’un défi à relever pour l’équilibre de nos écosystèmes. Cependant, il peut être utile de rappeler que ces préoccupations essentiellement écologiques ne doivent pas masquer l’importance centrale de la relation que l’Homme entretient avec son milieu et ses espaces de vie…

Restons donc en vigilance rouge pour ne pas définir l’Environnement uniquement par ses caractéristiques physiques et objectives. Il doit être décrit simultanément par la lecture subjective que les personnes en font, car il est objet de perception, d’attitudes et de comportements, et qu’il produit surtout du sens et de l’identité.

Il y a bien une interdépendance complexe entre l’individu et son Environnement qui ne peut être réduite à la seule sensibilité écologique. Cette relation est tellement complexe qu’elle fonctionne comme une transaction où les parties sont tour à tour causes et effets de leurs échanges.

C’est pourquoi, pour traiter la question de la satisfaction environnementale, il est nécessaire de comprendre que tout individu recherche de façon consciente une congruence (c’est-à-dire une concordance) avec son Environnement. Nous cherchons donc à nous ajuster entre un contexte donné et les activités que nous désirons déployer sur ces lieux et là nous considérons l’Environnement comme congruent.

Les aménagements des territoires doivent tenir compte de cette Compatibilité (Kaplan) du rapport Homme-Environnement, pour que les espaces de vie soient vécus comme satisfaisants. Et de nombreux efforts ont déjà été consentis dans cette voie pour rendre congruents les espaces sociaux.

Parallèlement, la réflexion ou la contemplation d’Environnements tranquilles et calmes sont de vrais supports d’adaptation à une vie de plus en plus stressante et chronophage.

En effet, on sait aujourd’hui que les moments de réflexion sont indispensables à la réorganisation des pensées et des impressions. La réflexion constituerait un moyen efficace pour sélectionner les informations utiles à partir de celles déjà stockées en mémoire et pour anticiper les éventuelles possibilités d’action. La présence d’Environnements sécurisants, ainsi que l’accès de l’individu à ce type de lieux qui favorisent la réflexion, rendent la personne plus efficace dans ses prises de décisions, plus sereine dans ses rapports aux autres…

Ainsi, le nombre réduit d’Environnements propices aux activités suscite le besoin d’accéder à des Environnements à haut pouvoir récupérateur, définis alors comme des lieux qui présentent un niveau élevé de compatibilité et qui permettent d’éviter les perturbations et les contraintes. Les espaces naturels, les lieux de villégiature, les nouveaux espaces paysagers tels les jardins verticaux sont quelques exemples d‘Environnements de ce type.

Les Environnements à caractère régénérateur (restaurateur) susciteraient des états de fascination chez les individus. Ils faciliteraient également des pratiques qui correspondent à la sensibilité des personnes.

Ce type d’Environnement se caractérise par sa capacité de donner aux individus l’impression d’être loin des préoccupations et des évènements quotidiens et routiniers, d’être à l’abri des surcharges et des perturbations de différentes natures. Cet Environnement présente un niveau de cohérence élevé avec la nature humaine.

Il existe donc des lieux à caractère restaurateur, recherchés par les individus pour se soustraire aux pressions et aux contraintes de la vie quotidienne. Ces Environnements ont la capacité d’exercer un effet réparateur sur ceux qui en ont le besoin.

Un exemple qui illustre bien la complexité du lien individu-Environnement se retrouve dans la problématique du projet personnel. Ce dernier occupe une place de choix car il correspond à une dynamique d’activités à réaliser à des moments précis et au sein de lieux spécifiques.

Le fait d’avoir un projet relatif à un lieu suffit à moduler non seulement la nature des comportements au sein de cet espace, mais également la formation d’impressions affectives évaluatives de cet espace.

En d’autres termes, les objectifs des individus modifient leur rapport à l’Environnement et tout spécialement leurs évaluations donc leurs choix de vie…

D’ailleurs, les préoccupations actuelles quant au constat de l’exode perlé des Martiniquais vers des ailleurs meilleurs, depuis 10 ans, doivent intégrer que ces départs et ces non retours, sont le produit d’un Environnement jugé de moins en moins cohérent, compatible, support d’activités et de bien-être.

Le coût de cette incompatibilité se ressent sur le plan de la flexibilité, de l’efficacité, de l’humeur, de la santé et du sentiment de réalisation de soi, donc du lien social…

Nous sommes donc TOUS en responsabilité pour co-construire des Environnements beaucoup plus capacitants, pour répondre aux attentes des Individus et faire de notre territoire un réel pôle d’attractivité. Un Environnement qui me régénère, au sein duquel je me réalise (Projet personnel de vie) tel semblent être les nouveaux critères d’évaluation de la qualité de nos espaces de vie.

Ainsi, les mesures incitatives de « Retour au Pays » doivent être accompagnées d’un aménagement du territoire favorisant le développement du potentiel d’interaction des personnes avec leur Environnement (physique et social).

Quitte à Revenir, Revenons aussi sur nos erreurs du passé………

Djibril BANE Psychologue Social Environnementaliste

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 01/10/2015

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK