Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

Profession : ambassadrice des océans

Profession : ambassadrice des océans

Nathalie de Pompignan travaille avec l’UNESCO sur la protection de la biodiversité. Elle est aussi chargée de cours à Sciences Po Paris sur la gestion du milieu marin. Ancienne de l’équipe Cousteau, elle a grandi en Martinique et en Guadeloupe, et depuis 25 ans, elle consacre sa vie à la défense des océans. Fey l’a rencontrée lors d’un séjour dans son île natale.

Fey : Comment en êtes-vous arrivée à vous intéresser aux océans ?

Nathalie de Pompignan : au départ, je travaillais dans le milieu financier et bancaire, mais après dix ans, j’ai ressenti le besoin d’être en accord avec moi-même et de me recentrer sur l’essentiel et sur l’utile. Pour moi, c’était le Vivant. Ayant grandi entre la Martinique et la Guadeloupe, j’étais forcément sensibilisée au milieu marin. Je suis allée voir le Commandant Cousteau dont les reportages avaient bercé mon adolescence. J’ai eu de la chance. Il cherchait quelqu’un pour développer un réseau universitaire international pour l’éducation au milieu marin. J’ai travaillé dessus pendant 4 ans, et j’ai continué avec l’UNESCO. Je ne suis pas une scientifique mais je suis passionnée par le milieu marin et je l’observe avec attention.

Fey : Dans votre livre « Océans, Alerte Rouge », sorti en 2014, vous dressez un bilan inquiétant de l’état des mers dans le monde. Quel regard portez-vous sur la situation dans la région antillaise ?

N.d.P. : Les océans sont un milieu unique et global donc la mer des Antilles souffre des mêmes maux que le reste du monde : l’acidification et le réchauffement des eaux, les pollutions, les espèces invasives, la surpêche sont des réalités observables. Les écosystèmes marins locaux (mangroves, herbiers et coraux) sont exceptionnels en terme de biodiversité mais ils sont très dégradés. Je pense que la Martinique a un effort à faire en terme de préservation. Il faut aménager des espaces marins de gestion raisonnée et soutenable. La Guadeloupe dispose d’un arsenal de protection plus important et cela augmente la résilience des milieux. Il ne faut pas oublier que les océans sont vitaux pour nous. Ils produisent de l’oxygène et absorbent du CO2. Aujourd’hui leur état est alarmant. En seulement 45 ans, 49% de la biodiversité marine a disparu. Les politiques doivent engager des actions.

Fey : Vous allez régulièrement au Brésil, où vous avez vécu 10 ans, avez-vous des informations sur les suites de la catastrophe de novembre dans le Sud-Est ?

N.d.P. : Il est difficile d’en obtenir… Effectivement, le 5 novembre, après la rupture d’un barrage de l’industrie minière, une gigantesque coulée de boue toxique a submergé un village (faisant des dizaines de morts) et s’est déversée dans l’océan Atlantique en polluant durablement un fleuve et toute une zone marine, tout près d’un parc protégé. C’est la plus grosse catastrophe écologique marine que le Brésil a connue. L’affaire a eu un impact émotionnel très fort dans l’opinion publique brésilienne. L’entreprise a été condamnée à payer une amende mais on ne sait pas si elle va effectivement être versée et comment ces fonds seront utilisés. Quant au gouvernement brésilien, il ne communique pas sur cette affaire...

Propos recueillis par Laure Martin Hernandez

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK