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Zika : investigations sur des atteintes cérébrales

Zika : investigations sur des atteintes cérébrales Aedesaegypti 1

L’année 2016 qui s’achève aura été celle du zika aux Antilles. Même si le virus continue de circuler, le stade d’épidémie est terminé. En même temps, la recherche progresse et montre que finalement,  ce nouveau virus pourrait être moins anodin qu’on pouvait le penser. Il pourrait affecter durablement le cerveau des enfants et des adultes…Eau 1

Larves 2En janvier 2016, alors que les épidémies commencent tout juste en Guyane et en Martinique, les informations transmises par les Agences de santé sont plutôt rassurantes. Elles présentent la maladie en insistant sur le fait que 70 à 80% des personnes infectées ne développent pas les symptômes fiévreux. Effectivement, le bilan est beaucoup moins lourd que les épidémies de chikungunya qui ont touché nos pays deux ans plus tôt. Cet autre virus venu d’Afrique avait provoqué la mort de 83 personnes en Martinique et 75 en Guadeloupe. Le zika lui, n’a provoqué « que » trois décès aux Antilles, dont deux liés au syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique rare, entrée depuis dans le vocabulaire médical commun des Antillais.

Malformations cérébrales des nouveaux nés

Toutefois, les recherches médicales, encore récentes, laissent à penser que des effets inattendus et plus durables du virus pourraient se manifester. Au Brésil, les médecins avaient remarqué des milliers de cas de microcéphalies chez des nouveaux nés dont les mères avaient été infectées pendant leur grossesse. En Guadeloupe, aucune malformation congénitale n’a été déclarée parmi les 568 femmes enceintes infectées.

En revanche en Martinique, 3 microcéphales ont été déclarées ainsi que 8 autres malformations cérébrales fœtales parmi les 533 gros-sesses à risques. Jusqu’à présent, les autorités sanitaires estiment que le lien entre le virus et ces affections cérébrales irréversibles n’est pas formellement démontré, mais plusieurs études scientifiques permettent de poser des indices. Une première étude, réalisée par des chercheurs brésiliens et californiens, publiée en mai dans la revue « Nature », montrait que certaines souris infectées en laboratoire par le zika, avaient elles aussi donné naissance à des souriceaux victimes de malformations de leurs cerveaux. L’expérience permettait d’écarter l’effet conjoint de toute autre forme de maladie ou de pollution chimique. 

Les adultes aussi…

Plus récemment, en août, une autre étude réalisée par des chercheurs de la Rockefeller University (New York) et publiée dans la revue scientifique « Cell Stem Cell », montrait que le zika pouvait affecter durablement le cerveau de souris adultes. Les chercheurs ont révélé que le virus cause des dégâts sur les cellules souches neurales, qui contribuent à renouveler les neurones et qui interviennent dans la mémoire et les apprentissages. Ce sont ces mêmes cellules qui dysfonctionnent dans le syndrome de Guillain-Barré, dont le nombre de cas a augmenté pendant les épidémies antillaises (67 cas en Martinique et en Guadeloupe). Le responsable de l’étude Joseph Gleeson concluait : « être infecté par le zika en tant qu’adulte, pourrait ne pas être aussi inoffensif qu’on le pensait »…

Laure MARTIN HERNANDEZ

 

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Date de dernière mise à jour : 28/11/2016

 

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