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La syntropie agricole mise en oeuvre au Morne-Rouge

News des Jardins Partagés de l’anse Gaïac :

La syntropie agricole mise en oeuvre au Morne-Rouge
Les Jardins Partagés de l’anse Gaïac essaiment ! Hervé Damico, notre jardinier en syntropie, et Emmanuel Nossin, ethno-pharmacologue et ami de l’association, ont convaincu un agriculteur de sauter le pas. Une forêt-jardin est en train de naître au Morne-Rouge.

Feuille foretArnaud de Meillac est un agriculteur hors norme. Sur des terres en partie contaminées à la chlordécone, là où d’autres auraient développé une monoculture hors-sol sous perfusion chimique, lui lance le pari d’une « forêt-jardin » naturelle, productrice et réparatrice.

Espèces pionnières, patrimoniales et fruitières

Le projet est né l’an dernier, après la première visite d’Arnaud aux Jardins partagés de l’anse Gaïac, au Prêcheur. « J’ai fait la connaissance d’Hervé Damico, le jardinier de l’association » raconte Arnaud. « J’ai eu un coup de foudre pour sa personnalité et sa vision de l’agriculture, et nous avons tout de suite fait des projets ».
Arnaud avait déjà converti une exploitation de tomates en agriculture biologique. Là, il va plus loin. Avec Hervé, il investit une parcelle de 13,5 hectares de terres à Sainte-Cécile pour mettre en œuvre les techniques de la syntropie. L’objectif est de parvenir à des parcelles productives et saines, en imitant la forêt tropicale.


La forêt pour dépolluer

« La chlordécone est présente jusqu’à 30 cm de hauteur dans le tronc. Les fruits des arbres en sont donc dépourvus » rappelle Arnaud. « De plus, nous espérons qu’avec ces techniques, nous allons même contribuer à réduire le taux de pollution des terres ». Pour cela Hervé et Arnaud parient sur les micro-organismes qui mènent la décomposition des sols forestiers. Des prélèvements d’humus sont effectués dans une parcelle boisée indemne de pollution. Ils sont réensemencés sur les terres à restaurer. L’espoir est que ces micro-organismes parviennent à casser la molécule de la chlordécone. Un suivi scientifique de la qualité des terres sera réalisé pendant 5 ans.


Papaye 1Le projet a déjà bien avancé depuis novembre. Des centaines d’espèces « pionnières » (ricin, bois canon…) ont été plantées, auxquelles Arnaud et Hervé vont ajouter des espèces patrimoniales (fromagers, figuiers maudits, gommiers…) et des arbres fruitiers (café, cacao, arbre à pain, ramboutan, monbin, agrumes etc). Après les papayers et les maracudjas, qui ont des cycles courts, les premières productions sont attendues en 2021.

D’ici là, un autre volet du projet devrait s’être développé sur des parties saines du terrain ou dans des bacs hors sol : la culture de plantes médicinales et aromatiques, et un jardin des sens ouvert au public, pensé par Emmanuel Nossin.

LMH

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Date de dernière mise à jour : 14/10/2017

 

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