Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

Les Antilles : des escales vitales pour les oiseaux marins

Les Antilles : des escales vitales pour les oiseaux marins

Jusqu’au début des grandes vacances, plusieurs espèces d’oiseaux marins fréquentent les îles des Antilles pour se reproduire. La Martinique, la Guadeloupe, Saint Martin et Saint Barthélémy abritent 14 espèces d’oiseaux marins nicheurs sur les 18 présentes dans les Petites Antilles. Au niveau régional, elles sont des populations menacées…

Oiseaux sternesNos îles présentent un fort intérêt pour ces oiseaux à pattes palmées. En effet, ils choisissent ici des falaises inaccessibles, ou des îlets isolés, situés à une distance raisonnable de leurs zones d’alimentation en mer. Les oiseaux peuvent ainsi s’établir dans un nid et effectuer des voyages en mer pour pêcher les petits poissons pélagiques, crustacés ou les calmars qui composent le menu familial. 

Néanmoins, notre archipel est une zone «  hotspot  » pour les populations d’oiseaux marins, c’est-à-dire une zone à enjeux forts de conservation. Les populations sont fragilisées par la perte de leur habitat, l’invasion des espèces nuisibles (rats, chats…) et les activités humaines. En mer, des menaces existent aussi et nous ne pouvons pas écarter la possibilité d’impacts directs/indirects dus à la surpêche, aux pollutions et au changement climatique. 

En Guadeloupe, ¾ des espèces nicheuses sont en péril, selon la liste des espèces d’oiseaux menacées en Guadeloupe faite en 2012, soulignant la spécificité régionale de ces espèces considérées comme non menacées dans la liste rouge mondiale (UICN, Union pour la conservation de la Nature).

Les phaétons et leur unique poussin

Le phaéton à bec rouge, autrement appelé Paille-en-Queue, a un superbe plumage blanc rayé finement de noir, avec une bande noire parcourant l’œil. Il ne passe pas inaperçu avec son bec rouge  et ses longues plumes blanches très effilées sur la queue qui leur servent à freiner et diriger leur vol  avec grâce. 

Chaque année, un couple compte un seul poussin. Avec 430 couples, la Guadeloupe et les îles du Nord abritent l’une des colonies de phaétons à bec rouge les plus importantes de la Caraïbe, mais les effectifs sont en baisse. L’espèce est, à ce jour, considérée en danger en Guadeloupe. 

Une autre espèce très semblable, le phaéton à bec jaune, considérée comme vulnérable est visible dans nos îles. Les effectifs sont semblables à ceux du phaéton à bec rouge en Guadeloupe et îles du Nord. La Martinique abrite 20 couples. 

D’autres sites de ponte à fort intérêt

Mais de loin, la colonie de sternes fuligineuses, en bon état, est la plus importante. À elle seule, la Martinique abrite 17 000 couples. Ils cohabitent souvent avec  les sternes bridées (statut vulnérable), avec environ 500 couples dans les Antilles Françaises et notamment à Marie-Galante. Les noddis bruns, eux, sont présents avec une importante population nicheuse en Martinique (31.5% de la population des Petites Antilles).

D’autres espèces comme le fou brun, la mouette atricille, la sterne royale, le fou à pieds rouges ne se reproduisent quasiment qu’à Saint Barth. À l’inverse, les sites de reproduction des puffins d’Audubon ne sont connus qu’en Martinique. 

Comme les frégates superbes (malfinis ou macharis), les sites de ponte les plus proches des pélicans sont dans le Nord des Petites Antilles.

Danger d’extinction 

Les colonies de sternes dougall des Antilles Françaises représentent plus de la moitié de la population des Petites Antilles.

Elles sont visibles notamment sur l’îlet Sainte-Marie, en Martinique, où elles côtoient quelques couples de sternes pierregarins. Une surveillance particulière est faite de ces espèces en danger critique d’extinction. 

Actions de préservation

Afin d’améliorer l’état de santé des populations d’oiseaux marins nicheurs des Antilles françaises, certains sites de ponte bénéficient d’une protection et d’actions de conservation, depuis plusieurs années. 

Carine Precheur, Docteure en écologie, auteure d’une thèse sur l’écologie et la conservation du puffin d’Audubon de la RNNISA, 17/12/15  

Crédit photo / C. Precheur 

1/ Nid de paille en queue
2/ Nids de sternes fuligineuses

Certaines informations proviennent des inventaires d’oiseaux marins nicheurs dans les Antilles françaises menés par Gilles Leblond.

A lire aussi
Les aventures d'un couple de puffins d'Audubon
Protection réglementaire et suivi des populations

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 06/07/2017

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK