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Caraïbes : l'environnement comme facteur de coopération

Caraïbes : l'environnement comme facteur de coopération

Chemin faisant et prise de conscience oblige, les trois dernières décennies ont vu fleurir les initiatives en faveur d’un regroupement des Etats de la Caraïbe et de programmes d’actions croisés. Souhaitable d’un point de vue économique, humain, sanitaire ou culturel, cet échange de compétences est essentiel dans le cadre qui nous lie au-delà des différences : un environnement unique, et en danger.
Caraibes cooperation
Rapprochés par une même mer et un héritage à partager, petits et grands des Antilles ont sagement entrepris de s’unir sur le papier et dans les actes pour être plus forts face aux péripéties. Réservoir mondial de biodiversité pour les espèces (70% d’endémisme) et les milieux qu’elle abrite, la région est naturellement menacée par les volcans, la mer, la terre ou le ciel… c’est aussi l’un des points de la planète les plus vulnérables face aux changements climatiques et à l’action de l’Homme.

Pour répondre à ces problématiques collectives et intégrer l’expérience de chacun, plusieurs organismes créés à l’origine pour renforcer les liens commerciaux au sein de la zone ont mis en place des projets d’envergure dans le domaine environnemental. La Communauté caribéenne (CARICOM) - qui a vu le jour en 1973 et compte aujourd’hui 15 pays membres, 5 associés et des pays observateurs dont la France (en phase d’adhésion) – a inscrit dans ses priorités pour 2015-2019 le programme transversal « Building Environmental Resilience » (organiser la résistance environnementale). Axé sur l’adaptation aux effets du réchauffement global, la prévention des risques et l’amélioration de la gestion des ressources et milieux naturels, il s’articule autour de questions aussi diverses que la promotion des énergies renouvelables, l’agriculture et la pêche durables, l’aménagement du territoire, le tourisme raisonné ou le contrôle des pollutions et des espèces invasives… Tout cela passe évidemment par une harmonisation optimale des politiques nationales, et un soutien financier et logistique extérieur (ONU, UE, Banque Mondiale, entreprises ou ONG-relais).

La dynamique des pactes

Emanation de la CARICOM, l’OECO (Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale) a également adopté un agenda fixant des objectifs stratégiques pour 2030 : le programme « Island resilience » vise à réduire l’extrême vulnérabilité des petites îles - notamment devant la montée des eaux et l’érosion du littoral -, avec un accent particulier mis sur la gestion durable des terres (projet SLM/CCA).

Autre acteur incontournable dans la région, l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC ou ACS) est aujourd’hui la principale organisation de coopération interrégionale. Créée en 1994, elle regroupe la totalité des Etats et territoires ayant une façade caribéenne et a pour missions prioritaires l’établissement de la Zone de Tourisme Durable de la Grande Caraïbe (ZTDC), la prévention et l’atténuation des conséquences des catastrophes (comité spécial) et la gestion durable de l’espace maritime commun (Commission de la Mer des Caraïbes, avec notamment un projet de dépollution en cours d’élaboration).

Toujours du côté institutionnel, l’ONU à travers son Programme pour l’Environnement des Caraïbes (PNUE-PEC) et l’Europe via INTERREG, son fonds dédié au développement régional (voir encadré), ont multiplié ces dernières années les plans d’actions et projets nécessitant une approche concertée.

L’avenir en commun

Défini par le cadre de la convention de Carthagène sur la protection de la biodiversité dans la Grande Caraïbe, le PEC se décline en trois protocoles portant pour deux d’entre eux sur la lutte contre les pollutions et pour le troisième sur la protection des écosystèmes marins et côtiers fragiles et des espèces qui y sont associées (SPAW). Basée en Jamaïque, l’unité de coordination régionale du PNUE s’appuie sur les CAR (Centres d’Activités Régionaux) implantés dans les différents pays signataires de la convention pour aider localement à la mise en œuvre des projets décidés. Parmi ceux-ci figurent entre autres le programme de gestion des ressources halieutiques baptisé « Grand écosystème marin de la Caraïbe », le réseau caribéen de suivi des récifs coralliens (GCRMN-Caraïbe) ou encore le « Caribbean Challenge » (Défi caribéen, 8 états déjà impliqués), qui vise à l’extension des aires marines protégées dans la région.

Ainsi, petit à petit, la résistance s’organise.

Muriel Derivery pour Fey / Spécial 10 ans

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Date de dernière mise à jour : 21/12/2017

 

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