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Chlordécone : La viande martiniquaise sort des normes

 

Chlordécone : La viande martiniquaise sort des normesVache 2

Après des années de scandale sanitaire et médiatique, la communication publique autour de la chlordécone s’est faite beaucoup plus discrète aux Antilles. Pourtant, un plan d’action national (3ème du nom) est en cours et des dispositions évoluent. 

Ainsi, la viande martiniquaise a obtenu des dérogations aux limites de contamination tolérée. Les pilons, les steaks et les jambons auraient-ils des privilèges ?

En septembre 2007, alors que Fey Magazine sort son numéro zéro, le médecin cancérologue Dominique Belpomme publie un rapport sur la chlordécone aux Antilles. Évoquant « une catastrophe sanitaire », il soulève un vent de panique et un emballement médiatique. Sous la pression, en 2008, l’Europe et le gouvernement français décident une politique unique : la LMR (limite maximale de résidus) est fixée à 20 µg de chlordécone par kilo pour toutes les denrées végétales ou animales produites en terre tropicale. Pour les productions en climat tempéré, la limite est deux fois moindre (10 µg/kg).

LMR à deux vitesses

Fey Magazine en a rendu compte dans de multiples articles pendant ces dix ans, aux Antilles, cette limite a eu des conséquences économiques sévères pour les agriculteurs, les pêcheurs et les éleveurs, obligés de subir des contrôles et de se mettre aux normes. L’objectif était clair. Il s’agissait de limiter la contamination de la population par ce pesticide interdit en 1993 mais très persistant. Cancérogène possible, perturbateur endocrinien, la molécule facilite le cancer de la prostate, augmente le risque de grossesses précoces et perturbe le développement des nourrissons.

La limite maximale unique a prévalu jusqu’à ce qu’un règlement européen apporte une modification discrète sur la viande, en mars 2013. À Paris, la Direction générale de la Santé l’a confirmé dans son instruction publique sur la surveillance de la chlordécone dans l’alimentation aux Antilles publiée en octobre 2017 : désormais, la limite pour les bœufs, porcs, moutons et chèvres est de 100 µg/kg sur toutes les parties comestibles de l’animal. Pour les volailles, elle est de 200 µg/kg. Autrement dit, la limite tolérée en chlordécone dans la viande locale a été multipliée par 10 pour les poulets et les canards, et par 5 pour les animaux plus gros…

Santé et équité

Cette modification a été apportée puis appliquée dans la plus grande discrétion. Éric Godard, chargé de la chlordécone à l’Agence régionale de la Santé de Martinique, l’a évoqué lors de la conférence « santé et environnement » qui s’est tenue le 29 octobre à la CTM,  en concluant : « il y a un risque d’augmentation de l’exposition de la population »…

Au problème sanitaire, s’ajoute une question d’équité, notamment vis-à-vis des pêcheurs qui ont dû renoncer à travailler dans des rivières et certaines zones marines. Quant aux agriculteurs martiniquais, ils semblent avoir bien géré la pollution. L’ARS note que les contrôles approchent les 100% de conformité sur les fruits et légumes proposés à la vente, y compris sur les bords de route. De gros efforts ont été faits par les maraîchers. Merci à eux d’avoir compris les enjeux ! 

LMH

 

Commentaires (2)

1. Erdan Nicole (site web) 08/01/2018

De la part de Nady Vial-Cabrera

2. Vial-Cabrera Nady (site web) 08/01/2018

article Chlordécone

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Date de dernière mise à jour : 07/12/2017

 

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