Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

Écosystèmes marins caribéens : quelle protection ?

Écosystèmes marins caribéens : quelle protection ?

Considérée comme l’un des 34 hotspot de la biodiversité mondiale, la Caraïbe est souvent dépeinte comme une région paradisiaque ou un climat favorable (chaud et humide) et une nature généreuse ont permis l’émergence d’une faune et d’une flore diversifiées.

Phot pascal copiePourtant, force est de constater que la situation est aujourd’hui problématique, car l’anthropisation et son cortège de dégradations altèrent durablement le milieu. Face à cette situation, les mesures prises par les différents territoires suffisent-elles ? C’est donc à un inventaire de la situation que nous invitons aujourd’hui le lecteur, dans le but de se rendre compte de ce qui existe et de ce qu’il faudrait peut-être initier dans les années à venir.

Jusqu’à la fin des années 1960 aucune mesure particulière n’existait. En réalité, il fallut attendre que l’UNESCO organise la première conférence intergouvernementale sur l’usage raisonné et la conservation de la biosphère (1968), pour que soit initié quatre années plus tard (1972) le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Ce programme, bien que novateur, ne fut nullement focalisé sur la thématique maritime et encore moins sur l’espace Caraïbe.

En réalité, c’est la convention de Carthagène (Colombie), du 24 mars 1983, qui représente l’acte fondateur de la préservation des écosystèmes marins caribéens. Ratifiée par la France le 13 novembre 1985, en vigueur depuis le 11 octobre 1986, cette convention vise un double objectif : protéger l’environnement marin caribéen tout en favorisant le développement des États de la région.

La particularité de cette convention est qu’elle édicte des mesures précises : la création de zones protégées, l’établissement de listes d’espèces sauvages à sauvegarder, la lutte contre la pollution tellurique et l’immersion des déchets, mais surtout elle intègre les bassins versants (donc les zones terrestres) dans l’ensemble de ses plans de protection.

Dans les Départements Français d’Amériques (DFA), de nombreuses initiatives ont vu le jour à partir du milieu des années 1980.

En Guadeloupe, la création d’un parc national (20 février 1989), a permis le gel de 33500 hectares (dont 16200 ha en bordure côtière). Créée en 1987, la réserve naturelle du grand cul-de-sac marin, bénéficie du label UNESCO « Réserve de la Biosphère ». Elle est classée parmi les zones humides à protéger dans le cadre de la convention de Ramsar.

En 1998, deux autres réserves furent créées : la première (celle de Petite Terre) d’une superficie de 990 hectares couvre les deux îles de Terre de Haut et de Terre de Bas, alors que la seconde (celle de Saint-Martin) couvre 3060 hectares, dont près de 2900 hectares d’espaces maritimes.

En Martinique, la problématique de la préservation des écosystèmes marins se pose avec encore plus d’acuité, car le territoire bien qu’exigu (1100 km2) supporte une population estimée à 385000 habitants. Les pressions sur le milieu marin sont donc fortes.

Pour tenter de briser cette spirale, le Conservatoire du Littoral a acquis plusieurs sites qui couvrent 1300 hectares environ. Parallèlement, la DEAL, la Direction de la Mer, et le Comité régional des pêches ont tenté de réduire la pression qui s’exerce sur les ressources marines en établissant quatre zones de cantonnement de pêche. Mais l’avancée la plus significative est incontestablement la création résente du parc naturel marin.

D’une superficie de 47000 km², ce qui correspond à tout l’espace maritime sous autorité française autour de la Martinique, ce parc vise plusieurs orientations stratégiques :
- contribuer à une plus grande connaissance des patrimoines naturels et culturels ;
- sensibiliser le plus grand nombre à la préservation de l’espace maritime et partager cette vision avec nos voisins ;
- protéger, restaurer et valoriser les espèces et les espaces marins ;
- inciter le tourisme, le sport, les loisirs nautiques, ainsi que les ports et mouillages à initier des pratiques responsables, par la formation des acteurs et la mise en place d’équipements adaptés.

Bien que tardive, la protection des écosystèmes marins caribéens semble désormais intégrée aux préoccupations des États de la région, mais plus encore au centre des réflexions menées par l’ONU dans le cadre de ses programmes de protection de l’environnement.

Souhaitons que cela aboutisse à une vraie révolution comportementale, c’est-à-dire à magnifier le rapport que les populations antillaises établissent avec leur environnement maritime.

Pascal SAFFACHE Pour Fey 10 Ans

Ajouter un commentaire
 

Date de dernière mise à jour : 31/01/2018

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK