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ITW - La faune sauvage sous les effets des ouragans

BarbudaITW - La faune sauvage sous les effets des ouragans

Les deux ouragans majeurs qui ont meurtri la Dominique, St-Martin, St-Barth, Barbuda, les Saintes et la Guadeloupe, ont eu des conséquences pour les humains, pour la végétation mais aussi pour les oiseaux, les chauve-souris, les iguanes, le corail et les autres animaux sauvages. Béatrice Ibéné, vétérinaire guadeloupéenne et présidente de l’AFSA (Association de sauvegarde et de réhabilitation de la faune sauvage) l’évoque pour Fey Magazine.


Fey : Quels sont les animaux qui ont le plus souffert des cyclones ?

Béatrice Ibéné :
À l’AFSA, nous nous occupons de la faune terrestre et après les cyclones, de nombreux signalements nous sont parvenus. D’abord il y a eu une forte mortalité parmi les oiseaux, même des grands comme des frégates ou des pélicans ont été tués ou blessés. 

De nombreux petits passereaux ont péri ainsi que des chauve-souris ou des iguanes. Cependant, les effets les plus graves, sont liés aux destructions des milieux naturels, comme les forêts. Elles privent les animaux de sources alimentaires. Les fruits et les fleurs ont disparu et on a constaté que les animaux étaient souvent fatigués, affaiblis voire malades, à cause de ces carences alimentaires. Cette pression les conduit à changer leurs comportements. Affamés, les oiseaux sont moins farouches. Ils se rapprochent des habitations en quête désespérée de nourriture.

À la Dominique, le perroquet rare qui vit au cœur de la forêt, a été observé près des maisons. Certes, les cyclones sont des évènements naturels mais leurs dégâts sont amplifiés par le fait que les espèces sauvages sont déjà sous tension dans nos îles. Une espèce très dynamique peut se remettre en deux ans mais pour les espèces menacées, un cyclone peut avoir des effets critiques…

Fey : Quels moyens avons-nous d’aider ces espèces ?

B. I. :
Beaucoup de personnes nous ont posé cette question après Maria en Guadeloupe. Nous leur avons d’abord conseillé de les nourrir en déposant des fruits variés et de l’eau sucrée pour les colibris et les autres nectarivores. Avec l’association, nous avons suspendu des bananes et de très nombreuses chauve-souris sont venues. À plus long terme, il faut planter des arbres pour que les animaux aient de quoi manger à l’avenir. Il faut densifier les plantations et choisir des espèces endémiques comme les poiriers-pays ou des gommiers. 

Fey : Vous avez dénoncé la chasse aussi ?

B. I. :
L’ASFA est intervenue auprès du préfet car la chasse était ouverte après le cyclone alors que les animaux étaient stressés et hagards. En plus, nous avions observé que certains oiseaux, comme des pigeons à couronne blanche, originaires de la Dominique, étaient venus en Guadeloupe, pour se réfugier. Le préfet a mis 10 jours à le faire, mais il a suspendu l’arrêté d’ouverture de la chasse. Ce que nous pensons, c’est qu’il faudrait interdire la chasse pendant deux ans, pour permettre aux animaux sauvages de se remettre, mais c’est difficile à obtenir. Les chasseurs représentent un lobby puissant ici, comme en France, ou en Martinique…

Propos recueillis par Laure Martin Hernandez

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Date de dernière mise à jour : 14/12/2017

 

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