Le magazine Fey ne bénéficie d'aucune subvention. "An nou fey'ensemb"

TRAUMACRISME

TRAUMACRISME

« Papa, quand on éteint la lumière, elle va où ?? »

Que devient le vécu de nos expériences de vie ?

Il est bon de rappeler aux lecteurs de FEY Magazine que l’Environnement ne saurait être réduit à des questionnements d’ordre purement écologiques.

En tant que matrice sociale de nos comportements humains, notre Environnement (lieu socialisé) prend du sens en fonction des expériences heureuses ou malheureuses que nous rencontrons.

Ainsi, ce n’est pas tant ce que nous vivons qui importe mais plutôt la manière dont nous nous représentons les choses, la manière dont nous construisons notre réalité.

Que nous reste-t-il lorsque nous vivons des évènements émotionnellement très intenses, voire traumatiques ? Que se passe-t-il lorsque les évènements vécus sont critiques, c’est-à-dire quand ils ont valeur de « crise », où l’on se retrouve dans des situations aigües qui débordent les capacités de régulation habituelle des personnes comme des institutions concernées ?

Si la meilleure des préventions a pour point de départ le retour d’expérience (le REX) des situations traumatiques vécues, c’est bien parce que nos représentations individuelles et collectives des évènements sont convoquées pour comprendre ce qui se passe psychologiquement Avant, Pendant et Après la Crise.

Mais deux types de crise sont à distinguer :

Celles qui résultent d’un évènement traumatique (Mort violente, Accident tragique, Incendie, Inondation, Explosion, Prise d’otage, Suicide, Homicide, Attentat, Catastrophe Naturelle)

Celles liées à des évènements critiques dans des contextes non traumatiques (Grève, Conflits syndicaux, manifestation de contestation…)

Distinguer ces deux types d’évènements est primordial car ils n’ont pas le même impact et n’entraînent pas les mêmes effets, d’où des prises en charges des personnes différentes, voire spécifiques.

Les crises non traumatiques entrainent des perturbations au niveau de l’équilibre individuel, collectif, institutionnel.

Les crises traumatiques, sont plus préoccupantes car elles sont déstructurantes psychiquement et peuvent conduire à des blessures psychiques irréversibles…

Notre actualité est tristement marquée par ce type d’évènements (attentats terroristes, ouragans, séismes, accidents funestes). En zone Caraïbes, les Iles ont été sévèrement touchées par le passage de deux ouragans majeurs en septembre dernier, semant la destruction, la désolation, la mort et surtout le traumatisme psychologique des populations concernées.

C’est ce trauma, responsable des troubles psychiques ultérieurs, qu’il convient de traiter dans des délais courts (pas plus d’un mois après).

La situation traumatique est un évènement qui confronte la personne à une réelle menace de mort ou à une menace pour son intégrité physique ou celle des autres (« Ce vent….c’était Satan…. »).

Elle se caractérise par : sa violence, sa soudaineté, sa confrontation au « réel de la mort », l’impossibilité pour les personnes et l’institution d’y résister, le débordement des personnes dans leurs capacités d’élaboration.

Quand on se retrouve victime directe d’un évènement traumatique (Accident ou Catastrophe) on est en proie à des réactions physiques et psychiques, immédiates et/ou différées (plusieurs heures, plusieurs jours, voire plusieurs mois après l’évènement).

Cela n’est pas toujours bien compris par les victimes et leurs proches, d’où la nécessaire prise en charge par les professionnels.

En fait, sur le plan psychique, la personne victime réagit par une terreur extrême (effroi) associée à un fort sentiment d’impuissance face à l’horreur.

Mais ce que l’on relève habituellement, ce sont les réactions de culpabilité, le sentiment d’arbitraire (pourquoi moi ? Et si c’était moi ?) et l’altération du sentiment d’appartenance (unité du sujet brisée, étrangeté à soi-même et aux autres).

Dès lors, ce qui devient urgent à traiter, c’est d’éviter que ces béquilles psychologiques, pourtant nécessaires aux personnes pour faire face à l’évènement, ne deviennent définitives et installent la personne dans une réelle souffrance traumatique sur du long terme……

Dans nos régions à fort risque de catastrophes naturelles (séismes, tsunamis, ouragans, inondations) l’enjeu est de nous préparer certes sur tous les aspects matériels de nos écosystèmes mais c’est surtout de prévenir en Eduquant nos populations au « risque psychique », au risque du Trouble de Stress Post Traumatique (TSPT).

Ce trouble est consécutif à l’évènement dont la signification, le sens et la valeur attribuée, vont conditionner l’apparition d’une souffrance chronique individuelle et/ou collective.

Tous concernés, Tous responsables, Certes, mais malheureusement, potentiellement Tous victimes……à condition de sortir du Déni du risque (Cf Fey n°14). Quelle équation !!!!!!!!!

Djibril BANE pour Fey Spécial 10 ans
Psychologue Social Environnementaliste

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 20/12/2017

 

Chaque individu apporte au monde sa contribution unique (Jack Kornfield)

Creaktion Graph.IK