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Croisières : l'année des records !

Croisières : l'année des records !

En ces temps de morosité économique, les opérateurs martiniquais peuvent se féliciter sur un terrain : celui de la croisière. La saison 2017-2018 aura été exceptionnelle pour notre île, avec des effets positifs, mais aussi un coût environnemental…

Le 14 décembre 2017, la Martinique enregistrait un record historique. Pas moins de huit paquebots faisaient escale dans nos eaux. Cinq avaient largué les amarres à Fort-de-France et les trois autres à Trois-Ilets et à Saint-Pierre. En une seule journée, 11 500 touristes pouvaient ainsi visiter l’île. Du jamais vu…

40 millions de recettes

Cette journée du 14 décembre était le point d’orgue d’une saison faste pour la croisière. Au total, le Comité Martiniquais du Tourisme affiche un bilan de 350 escales et 650 000 passagers. C’est le résultat d’une croissance régulière amorcée il y a une dizaine d’années par une politique commerciale offensive lancée par la précédente mandature. Après elle, la volonté politique a été maintenue et ces efforts paient.

À cela est venu s’ajouter l’effet des deux ouragans majeurs de 2017. Irma et Maria ont dévasté Saint-Martin, qui était l’une des escales les plus importantes des petites Antilles, et la Dominique. Les compagnies ont dû revoir leurs parcours. La Martinique en a profité, gagnant 150 escales supplémentaires par rapport aux prévi-sions. Ainsi, le nombre de croisiéristes a été multiplié par six, en dix ans. 

D’après une étude rendue publique par le Port autonome de Fort-de-France, le secteur de la croisière aurait rapporté cette année 40 millions € à la Martinique. Il aurait concerné, directement ou indirectement 700 emplois. Les commerçants de la capitale (magasins de souvenirs, restaurateurs…) en ont profité, mais aussi les chauffeurs de taxis, les organisateurs d’excursions, les musées, et des hôtels.

77% de la pollution maritime

Mais la croisière a aussi un coût en terme d’environnement. Ces énormes paquebots font des rejets en mer. D’après une enquête de l’ONU (CAR SPAW), ils contribuent à 77% de toute la pollution en mer provoquée par le trafic maritime (contre 20% pour les cargos). Les paquebots perturbent la biodiversité et ils sont des machines à polluer l’air. En 2015, deux ONG, dont la fédération France Nature Environnement tiraient déjà la sonnette d’alarme. En juillet 2017, une enquête menée par des journalistes de la chaîne britannique Channel 4 enfonçait le clou. Elle démontrait qu’un seul paquebot, en une journée, émet autant de particules fines qu’un million de voitures ! Le fioul lourd des navires est très polluant et contient une teneur en soufre 3 500 fois supérieure à celle du diesel des voitures. Ces moteurs sont allumés en permanence, même à l’arrêt des navires, car ils alimentent la climatisation, les réfrigérateurs…, et l’énorme besoin en énergie de ces «  immeubles des mers  ».

Or la Martinique n’a pas besoin de particules fines supplémentaires. Rappelons que nous sommes, déjà, la 3ème région de France la plus polluée à cause du trafic automobile, des centrales thermiques électriques et de la brume de sable…

LMH

 

 

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Date de dernière mise à jour : 17/06/2018

 

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